Hervé Martin : des lieux et du corps

J’en gage le corps saisit par sa force, sa puissance. Le poète toucher l’essentiel dans un chant d’amour. Il va droit devant, dedans : J’imagine / En fragments /La mémoire t’invente / Jachère où je cultive / Images paysages L La vie pansée de toi / Tout alors me revient //Mêlé entre ce que tu fus / Et ce que ma mémoire en fit.
Hervé Marin  brise ses compositions, les abrège pour ne retenir que l’incontournable. Le graphisme même des poèmes crée une partition parfois douce, parfois violente. Sensorielle toujours. S’y mêlent fantasmes, désirs, rêves, souvenirs dans un exercice de liberté absolue. La femme y garde un rôle majeur. Le poète en exhibe le corps aimé. Il se développe selon des axes imprévisibles, inattendus.
Adepte des  ruptures Hervé Martin s’écarte des modes et ne cesse de cultiver le risque. Son texte autobiographique reste sans complaisance. Il révèle le plus profond de sa et de la nature humaine hors de toute concession. S’y mêlent une forme d’étrange proximité et un paradoxal éloignement. Mais cet éloignement est majeur. Il plonge dans les profondeurs de l’être, dans ses labyrinthes. D’où cet effet de divagation qui axe sur un point central, une charnière majeure.

Jean-Paul Gavard-Perret

Hervé Martin, J’en gage le corps, coll. Accents graves, accents aigus, Éditions de l’Amandier, 2023, 80 p.-, 13€

Sur le même thème

Aucun commentaire pour ce contenu.