Le Barbier de Séville, de Beaumarchais : Résumé

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Résumé : Le Barbier de Séville de Beaumarchais (1775)

 

Beaumarchais ne se résout pas à être un simple amuseur, et, ne serait-ce que son répertoire comique, le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, auquel on peut joindre Tarare, il y veut faire penser autant que faire rire, ce qui n'est pas pour en diminuer la valeur ni en affaiblir la portée. Le Barbier de Séville, d'abord opéra-comique dans la pensée de l'auteur, garde quelque chose de sa forme première.

Devenue comédie en prose, que les comédiens du théâtre des Italiens refusèrent de jouer, la pièce fut reçue aux Français, car les Mémoires avaient mis en vue l'écrivain ; mais la police eut peur d'un scandale, et pendant trois années la pièce dut attendre.

La représentation eut enfin lieu. Mais le Barbier avait cinq actes, on le trouva long, et l'accueil manqua de chaleur. Beaumarchais n'hésita pas : entre la première et la deuxième représentation, il fit des coupures, réduisit le spectacle à quatre actes, et, sous cette forme nouvelle, le Barbier provoqua d'unanimes applaudissements.

 

Almaviva, grand d'Espagne, amoureux de Rosine que son tuteur, le médecin Bartholo, surveille jalousement, se déguise en bachelier, rôde sous les fenêtres de la jeune fille, et parvient à s'entretenir un instant avec elle : il apprend qu'un mariage, forcé, doit, malgré l'opposition de Rosine, l'unir demain à Bartholo.

Grâce à un nouveau déguisement, celui de maréchal-vétérinaire, Almaviva pénètre dans cette maison bien gardée, puis sous le costume d'un maître de chant, prétendu élève de Bazile, y pénètre une seconde fois, et, à la faveur d'une leçon de musique, peut communiquer avec Rosine : rendez-vous est pris pour minuit. Le comte entrera au moyen d'une clef de fenêtre dérobée par l'industrieux Figaro.

Or, à ce même moment, Bartholo décide que son mariage avec la jeune fille aura lieu, et fait venir le notaire : pendant une absence du docteur, le comte et Figaro entrent chez Rosine.

Le notaire, mandé par Bartholo, arrive, confond Almaviva avec l'impatient fiancé, et dresse le contrat de mariage de Rosine.

Quand Bartholo revient, il est trop tard pour s'opposer au fait accompli, et la police, dont le tuteur invoque la protection, est d'autant moins disposée à tenir tête à un grand d'Espagne, qu'il semble bien que Bartholo ait usé de violence dans sa conduite à l'égard de sa pupille.

 

Beaumarchais proteste qu'il a voulu faire seulement un « imbroille » (imbroglio) mais à la vieille gaieté française il a joint, dit-il, « le ton léger de la plaisanterie actuelle ». Entendez qu'au lieu d'imaginer des « mots de personnages », c'est-à-dire des traits empruntés à leurs caractères, il les tire de son propre fonds, et multiplie les « mots d'auteur » : c'est de l'esprit toujours, et du plus vif, et du plus brillant, mais de l'esprit « à côté » et d'espèce un peu inférieure.

 

Le sujet était banal et ressassé; une jeune fille, aimée de son tuteur qui en veut à la fois à sa personne et à ses biens, aimée aussi d'un jeune seigneur, résiste victorieusement à l'amour sénile, grâce à l'adresse d'un ingénieux complice.

Comment Beaumarchais renouvelle-t-il cette vieillerie ? D'abord et surtout en modifiant les types connus : le « jeune premier », comte Almaviva, possède une science remarquable du déguisement ce grand d'Espagne se grime comme un pitre. Il est tour à tour bachelier, soldat, maître de chant : quelle prison ne s'ouvrirait devant lui ? Cela change des étourdis parfois un peu niais de Molière. Quant à Rosine, c'est une honnête fille, mais qui a perdu les grâces de l'innocence : elle ne provoque pas les allusions égrillardes, mais elle les comprend ; elle n'est qu'une demi-ingénue.

Le tuteur lui-même, Bartholo, n'est plus un naïf : il en remontrerait à un grand inquisiteur pour le luxe des précautions et la méticulosité de ses enquêtes. Sa jalousie est clairvoyante, au besoin féroce. Pour écarter le comte, il irait volontiers jusqu'au coup de poignard, « en s'embusquant le soir, armé, cuirassé ». Mais que peut sa fureur de sang contre la coalition de la jeunesse et de la malice ? Figaro, on l'a souvent dit, c'est Beaumarchais, mais c'est surtout le valet de l'ancienne comédie, qui, après avoir fait tous les métiers, s'est frotté de littérature, a pris conscience de sa valeur, et, tout en gardant une âme « peuple », s'estime au-dessus d'un grand d'Espagne.

Dès les premières scènes du Barbier, par la hardiesse brutale de ses réparties, nous savons à quoi nous en tenir – il servira le comte tout en le dédaignant – par sympathie et par intérêt. Il n'aura garde d'oublier, à la fin, de demander quittance de ses cent écus. Nous soupçonnons que ce serviteur indocile saura bien, plus tard, faire respecter par son maitre son indépendance, et que, si jamais la tranquillité de son ménage était compromise par un seigneur libertin, il l'en ferait repentir.

C'est justement ce que nous expose le Mariage de Figaro, où tous ces personnages se retrouvent.

 

[D’après Jules Wogue, Le théâtre comique aux XVIIe et XVIIIe siècles. Scènes choisies. 1905

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