"Les Démoniaques" de Mattias Köping, polar de l'année

Prostitution, trafic de drogue, viol, chantage, escroquerie, pédophilie, meurtre, l’ogre qui règne en maître sur le côté obscure de Viaduc-sur-Bauge, terrifiant bourg rural dans l’arrière-pays normand, Jacky Mauchrétien, judicieusement surnommé "l’ours", est  aussi grand et fort que gras et rustre, raciste et pervers, et, assisté de son petit frère Dany, de sa mère (une vielle maquerelle infecte) et de Simplet (sorte de nain difforme et hydrocéphale, aussi vicieux que laid), il tient son business d’une main ferme. Ne lui manquait qu’un vice, et c’est celui qui ouvre le roman coup de poing de Mattias Köping, l’inceste : sa fille Kimy est violée et prostituée comme les autres…

 

Les Démoniaques, un polar comme il en naît dans les plus glauques bayous ou des redneck consanguins s’abrutissent de bières et de coke, c’est pourtant non loin de Rouen et d’Argentan qu’au fond des bois, dans "La Souille", sa datcha qui sert de point de départ aux grandes chasses qu’il organise pour les pontes locaux, que Jacky Mauchrétien (qui porte bien son nom, mauvais chrétien…) va régner sur un univers de vice, de violence et de crime. La chasse, certes, mais l’orgie avant et après, ainsi que des filles offertes… le tout filmé pour faire bonne mesure et garder le pouvoir sur les édiles venus se vautrer dans l'immonde.


Immonde, c'est le mot qui vient quand on lit ce roman. Sans répit. Sans espoir. Sans possibilité de rédemption. Un roman qui empoigne son lecteur et le laisse exsangue, à bout de souffle, marqué à jamais.


 

 

Loïc Di Stefano

 

Mattias Köping, Les Démoniaques, RING, Octobre 2016, 393 pages, 21 eur


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