Jean-Marie Schaeffer, "Lettre à Roland Barthes"

Comme une ombre portée.

À la question inaugurale, limen du magistral travail de Thifaine Samoyault (1) qu'en sera-t-il de l'absence d'un homme dont le vécu sut faire trembler la théorie, une voix cherchant un corps ? répond un an plus tard, et plus de trente ans après la disparition de Barthes, Lettre à Roland Barthes. Le moyen d'user d'une autre méthode pour approcher ce texte-corps, ce corps-écrit : la magie Barthes, celle qui ensorcelle et libère d'un même mouvement. Il est des écrivains qui stérilisent et d'autres qui mettent la plume en main, des écrivains terroristes, niveleurs ou faussaires, comme il en est de rédempteurs. Aucune lignée, juste des individus. Chacun choisira l'eau ou le vent, susceptible de faire tourner son "moulin à livres (2)", son usine à rêves, le son qui lui sera "coup d'archet du tsigane (3)". Barthes, pour les auditeurs du Séminaire, ceux du Collège de France et pour des milliers d'anonymes, j'en suis, qui n'ont entraperçu son visage que sur la couverture d'un livre, fut cette flamme, cet air, cette eau et cette terre où se sera réfugié ce qui demeure en douce France d'amour fou pour la Littérature. Il convient de rendre grâce à Barthes d'avoir été cette présence, ce grain de voix, cet amant-là. Aveux : j'ai aimé la littérature d'un amour déchirant... ou encore j'ai toujours aimé le théâtre et pourtant je ne vais plus au théâtre... Fragments d'un discours amoureux. Quarante ans durant, un amant a écrit et voilà le temps venu pour chacun de lire/relire/humer/feuilleter ce vaste corpus, cette œuvre a- monumentale, labile, fluide, translucide, tellement mouvante, comme geste du poignet d'un toréro d'art ou pas du danseur. Si l'oeuvre avait une couleur, ce serait la couleur fauve ; une réalité, un zéphyr ; un paysage, la brume ; un objet, une cigarette à demi consumée ; un vêtement, ce très inutile accessoire masculin qu'on dit pochette ; un animal, la fauvette ou bien le martin-pêcheur, le colibri sous les étoiles ; une saison, l'hiver ; un mois, novembre ; un personnage de fiction, non pas Marcel, narrateur de la Recherche, mais simplement Puck ; un lieu, le Fujiyama, Jean Pinquié saura pourquoi (4) ; une planète, Pluton ; un air, La jeune fille et la mort ; une arme, un scalpel et une devise, celle de Cicéron Non omnis moriar... Aucun des mots habituels réservés au "critique littéraire" ou à l'auteur : passeur, interprète, traducteur, initiateur, maître... ne lui convient. Il demeure l'amant parfait. Celui qui comble sans rassasier l’insatiable besoin d'amour, la soif ni la faim. Art d'aimer, art de lire, art d'écrire. Arts de la fugue... douceur des traverses, délices de l'école buissonnière. Ce sérieux professeur hystérique, dévoré d'ennui et encombré de son corps, était un Ariel qui, malice ou mégarde, entrouvre portes et fenêtres jusqu'à ce que rien ne demeure de l'ordre des familles, des royaumes et des cœurs. Pas seulement. Personne ou presque ne s'est autant mis à nu que Barthes, particulièrement dans son Roland Barthes par R.B ou dans La Chambre claire et personne, ne s'étant si follement exposé, ne fut plus méprisé de son vivant. Moqué comme homosexuel in-assumé (Dominique de Roux), obsédé (Picard et ses séides, la belle conjuration d'imbéciles), jugé surestimé (Raphaël Sorin)... détesté par la droite, à l'instar de Duras, autre folle et néanmoins génie littéraire du moins en ses débuts, il fut ce corps à nu percé de flèches.


Pour qui douterait de la profondeur du coup que vous aviez porté à ce ventriloquisme des évidences, la véritable curée dont vous fûtes l'objet, et qui allait de l'extrême-droite (Europe-Action) jusqu'au centre-gauche (Le Monde), en passant par la droite conservatrice (Le Figaro) , devrait faire disparaître le doute (5).


Amor fati que tout amour véritable. Son œuvre, sous le signe d'un double échec, d'un non lieu : on échoue toujours à parler de ce qu'on aime, comme on échoue à composer son autobiographie par impossibilité d'écrire jamais sa mort : Quelqu'un doit le dire à notre place impose respect et condamne les granzauteurs auto-proclamés et les gardiens des temples du Sens à plus d'humilité. Elle exige de demeurer loin de la doxa. La tâche est rude, utopique, qui devra demeurer l'unique horizon d'attente, l'unique exercice de qui se pique d'otium, ce loisir savant aujourd'hui livré aux négociants de livres. Qu'apporte le livre de Shaeffer à la connaissance de Barthes, aux textes (liste non exhaustive ) de Philippe Roger, Barthes, roman (6), peut-être le plus beau des ouvrages consacré à Barthes. Fond et forme, mon préféré, pour cette attention permanente au deuil, à la littérature comme retour, non pas du mort, mais de l'impact laissé par les morts sur les vivants, comme les cercles concentriques d'une pierre jetée dans l'eau d'un lac, l'attention à la généalogie, au roman des origines en nous : ce que n'entendra plus la génération qui s'avance, bue qui s'avance. Mourir sans avoir donné de petit-fils à sa mère arrache le cœur de ce gauchiste, désigné bouc par la vieille Sorbonne. Loin de lui toute idée d'adopter un enfant, Barthes déplore seulement de n'avoir pas eu, différence sexuelle oblige, un enfant qui aurait eu le visage de sa lignée comme lui, pupille de la Nation, avait été l'ultime preuve de l'existence de Louis Barthes. Mon préféré aussi en ceci qu'il ne convoque qu'un Barthes, unique, et non point deux, comme se plaisent à le faire tant de professeurs trop versés en l'art de la taxinomie, le scientiste et le mystique, le sémiologue et le quêteur de Vita nova, touché tardivement par la troisième théologale. À Philippe Roger revient le rare mérite d'avoir isolé l'appel mystique à l'oeuvre dès les années de sanatorium et ce jusqu'aux derniers séminaires. Trois actes : le doute, la patience, la séparation, tentation manifestée clairement par l'attention à l'érémitisme, à la clôture, l'aveu d'être entré en littérature comme d'autres en religion, non pas pour témoigner mais pour souffrir la passion. Certitude d'être autant de mots que de chair en ceci que la littérature toujours précède l'expérience. Tristesse renouvelée en ceci que Barthes n'appartient pas au clan du passé mais au clan très fermé des écrivains qui ont tenté l'impossible écriture du présent. À propos du haïku, Barthes notait  : le langage se retourne, laissant à nu ce qu'il dit, selon lui, le but ultime d'une vie d'écrivain. Qu'ajoute la lettre de Schaeffer au texte de Marie Gil (7), l'élégance faite critique, la plus parfaite des érudites, subtile aussi quoiqu'elle se vante peut-être un peu de l'être, mais sur le fond, elle a vu l'essentiel, la matrice vide de l'oeuvre comblée par la mère. Elle seule. Ce qui conduira Barthes à se coucher et à mourir ayant achevé La Chambre claire. Un lecteur ironique arguerait qu'il pourrait s'agir d'un accès de romantisme attardé, d'une surcharge symboliste mais les faits ne démentent guère cette lecture, qui a le mérite d'évanouir l'anecdote et de serrer au plus près ce texte-vie que devrait être toute biographie. Qui s'intéresse à ce qui chez un écrivain n'éclaire pas son œuvre ? Normalement personne... Enfin dans un monde idéel, un monde où aucun éditeur ne vous passerait commande d'une "non fiction" (prononcez none fictieun) à l'américaine, imposant de combler les vides par de l'histoire culturelle ou d'une quelconque french theorie à usage des ménagères de moins de cinquante ans. En effet, voici ces lectrices Bac plus deux, devenues les poules aux œufs d'or de l'édition française : son nouveau cœur de cible. À leur usage, les éditeurs concoctent de faux livres savants, des documents fictionnalisés (le barbarisme convient à l'infâme). Pour un plat de lentilles vendre son droit d'aînesse. Ces Dames toujours préféreront Cinquante nuances de Grey et Douglas Kennedy à ces monstres concoctés à leur seul usage dans les bas-fonds des grandes maisons. Qu'importe aux éditeurs la mort de l'art de lire pourvu qu’amenuisant chaque jour le degré d'exigence, ils conservent leurs postes et maintiennent le simulacre d'une vie littéraire française ! Enfin Marie Gil, normalienne et brillante universitaire, a licence d'écrire ce qui lui chante sans devoir céder à ces mornes sirènes (8). Schaeffer dit ce Barthes, hanté de mort et de deuil, plus vivant qu'aucun de nos contemporains, il dit « la trace vive de l'écrivain dont les ouvrages ont rythmé sa vie – comme celle d'innombrables autres personnes de sa génération. » Barthes, comme ombre portée à sa vie, le projet est beau. Si Barthes n'était pas né, la vie de Schaeffer, tant d'autres, eussent été différentes. Le miracle Barthes demeure ce lien qu'il aura établi avec chacun de ses lecteurs, par la seule efficace de son discours. La vieille Sorbonne peut hurler au gourou, le fait est là : Barthes aura bouleversé, avant que la nuit ne recouvre tout à fait le champ intellectuel, l'acte de lire. Rencontre avec un amant.

De l'amour... Aucun écrivain, excepté peut-être Stendhal, à qui Barthes a consacré son ultime texte, retrouvé sur le chariot de sa machine à écrire un 26 mars 1980, n'aura su toucher les âmes au point le plus intime et les convertir à la beauté. De l'écriture considérée, non comme outil d'information ou de communication, mais comme un art, offrant accès direct à la beauté et ce, non par le seul medium de la poésie, mais par celui de la critique. Son secret ? Être, Moderne, revenu à l'ancienne rhétorique, l'avoir traduite au cœur des années 68, au cœur battant de l'espérance d'un monde où nul ne perdrait plus sa vie à la gagner, seulement à la perdre ainsi qu'il est écrit : tout ce qui vit doit mourir. Plus concrètement, Jean-Marie Schaeffer, Luxembourgeois, découvrit Barthes en traduction. Kritik und Wahrheit immédiatement rapporté par l'adolescent à un autre texte Dichtung und Wahrheit ! Par cette simple opération d'accoler les noms de Goethe et de Barthes, Shaeffer appelle de ses vœux un livre qu'il faudra bien un jour que quelqu'un rédigeât avant que ne meure tout à fait la chose littéraire : un essai sur esprit protestant et littérature. Écouter résonner ensemble, en chorus, en canon et en solo, les voix de Goethe, de Benjamin Constant, d'André Gide, de Roland Barthes et de Jacques Chessex, non pour faire honte aux écrivains catholiques qui prétendent, post baudelairiens, mettre leur cœur à nu, ne parvenant souvent, simple grimace d'âme, qu'à donner le change, prendre la pose, mais pour prendre acte, une fois n'est pas coutume, de l'apport du legs luthérien de l'examen de conscience à la folie littéraire. Seul Rousseau est étudié comme tel – encore met-on trop l'accent sur son extravagance, ses manies, voire sa structure paranoïaque, quand tant d'autres, en leur dévorant désir de lucidité, surent déchirer le voile d'Isis, rassembler les membres d'Osiris par cet acte très noble d'oser l'aveu. Aveu d'amour, aveu d'échec. Honneur à Schaeffer d'avoir pressenti ce lien ténu et pourtant primordial. Ce n'est pas le vif, l'antonyme de la mort, mais la fiction. En embuscade paraît l'Ancien testament, non en tant que témoignage ou monument, mais comme vibrante obsession, désir immarcescible de laisser quelque trace d'une existence tragique. Déjà toute la littérature. Schaeffer se souvient aussi de l'objet-livre : un fascicule jaune de quelques quatre-vingt-dix pages. Surtout, il revoit ses initiales, son nom de lecteur adolescent sur la page de garde le J. de Jean-Marie, auquel était entremêlé un R. : le R. de Renée – son orage désiré – , la jeune fille dont il fut longtemps obsédé. Par cet artifice, que j'ai cru véridique, voici nommé le lien passionnel, qui toujours unit Barthes à son lecteur, lien vivement dénoncé par Claude Reichler dans son passionnant autant qu'excellent Diabolie (9). Qu'importe ! Je n'ai pas été l'élève de Barthes, il ne m'aura jamais lue, jamais ointe ni dédaignée, il demeure pour moi un parfait inconnu : celui à qui je dois, Préface à Vie de Rancé, mon plus vif émoi littéraire. Jamais je ne lus une plus parfaite définition de la Littérature comme ironie et baume à la souffrance humaine. D'autres élisent la petite musique célinienne, dérisoire, admirent la crudité des mots et croient y découvrir l'horreur de la condition humaine. Chacun.


Barthes mourut deux fois, mort avant même que de vivre. Le 26 octobre 1916, presque un an après la naissance de son fils, Louis Barthes, son père, mourait au combat, aux commandes du patrouilleur Montaigne, un chalutier reconverti et armé d'un canon de 57, vivement attaqué et coulé par cinq destroyers allemands. À l'aube de sa vie, un statut, pupille de la Nation et un nom, le doux nom de fils, changé, subreptice, en celui d'orphelin. Un naufrage. Au nom du père, au lieu de son tombeau, à sauts et à gambades, le pupille désormais ira dans les interstices du récit, de texte en texte, d'un trou et d'un néant l'autre avec cette élégance, cette grâce qu'autorise la langue française, la seule langue qu'il ne possédera jamais, commune à l'absent (le père) et à la vivante (la mère). Pour unique ancre, Elle, la mère. Oui, Dominique de Roux qui avez tant moqué le délicat silence de Barthes sur son homosexualité, il n'avait ni château, ni parentèle nombreuse, ni souvenirs d'enfance, ni long roman familial. Aucune belle-famille puissante et secourable. Il était seul. Irrémédiablement, déjà sur les starting-block de la mort avant que de grandir. Barthes ne survivra que trois ans à celle qu'il appelle Mam, celle qu'il affirme ne pas avoir aimée parce que c'était sa mère, mais « parce que c'était elle », allusion et à La Boétie et révérence aux qualités intrinsèques de la personne. Dans sa vie, aucune aventure notable : la pauvreté, la maladie, la séparation – tuberculeux, il vivra douze ans l'existence patiemment décrite par Thomas Mann en sa Montagne magique – , le plaisir du texte, la passion de l'écriture, les honneurs, le Collège de France... Une vie vouée à l'écriture, une vie monachique, exemplaire, qui pour Schaeffer, directeur de recherches au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, fut le coup d'archet de l'étude.

Cette Lettre recèle bien des beautés. Les pages 29 à 56 sont proprement éblouissantes, Schaeffer décrypte comme personne avant lui cette affaire du "langage fasciste "», qui valut à Barthes quelques ennemis supplémentaires. Comme s'il en pleuvait, des vandales tôt surgis pour détruire, atténuer, moquer le chant du pur amour comme ils s'évertuent à souiller – avec quelle joie mauvaise ! – , toute beauté en ce monde sublunaire. Me plaît dans cette Lettre aussi l'effort barthésien de restituer le tremblement d'une vie intellectuelle entre révélations et tâtonnements, éclairs et balbutiements, cette union du sensible et de l'intelligence ensemble. Schaeffer n'est pas de ceux qui pressentent en Barthes, sous prétexte qu'il use de la première personne, la première marche du Monument-Ernaux ! Quel monde intellectuel que celui où Guibert et Barthes servent, avec le concours de l'Université, d'alibi aux productions sérielles de Mesdames Angot et Ernaux ! Le je barthésien n'avait pour unique vertu que d'éveiller, immédiat, en chaque lecteur, instantané résultat du désir produit, la même soif de comprendre, de savoir, d'extirper la doxa et non pas de fictionnaliser la misère naturaliste de l'existence !

Il existe un miracle Barthes, une magie-Barthes, que ne comprendront ni les amateurs de fiches ni les doctes qui prétendent détenir la "vérité" du texte ni les professeurs ni leurs studieux disciples, qui, au plaisir de la lecture, au vertige du Verbe, depuis longtemps ont renoncé. Interdit aussi aux quêteurs de messages et aux utilitaristes... Barthes a été et demeure cette voix qui, en chacun de ses lecteurs, réveille l'échec à parler de ce qu'on aime, mettant en branle l'élan pour le dire. Réservée aux seuls lecteurs de Barthes : ceux dont le cœur sut et saura vibrer du même amour déchirant pour la littérature, la Lettre de Jean-Marie Schaeffer isole l'essentiel du legs, la langue comme magie... Je ne vais plus rien dévoiler ici de l'usage que Schaeffer saura faire de l'enfance du texte, de l'enfant scripteur, me contentant de saluer l'effort que constitue cette autobiographie intellectuelle au miroir de Barthes et vous laisser la découvrir.

Sous la plume de Barthes, assassin de l'auteur, si violemment critiqué en son temps pour ce mot que Schaeffer explique très bien, le texte devient corps de désir vivant. Ce faisant, Barthes a offert à la littérature le plus fabuleux des présents, il a détruit la notion de classique et de modernes déjà fortement soupçonnée par Barrès, l'a réduite en cendres, renvoyée au lycée et à l'université pour rafraîchir nos âmes lasses. Il nous a rendu le vert paradis des lectures enfantines et nous a reconduits au jardin d’Épicure en cette île paisible où Socrate naguère, renonçant à servir par sa mort la Cité, a suivi Alcibiade..

Merci à Jean-Marie Schaeffer d'avoir ravivé en moi le vivant souvenir de cette île, longtemps connue sous le nom d'Arcadie, où il m'arrive parfois encore de reposer, à l'abri de cette intelligence du texte qui, à chaque page lue et relue, mystère du don sans doute, suffoque le lecteur. Mézigue.


Sarah Vajda


Jean-Maries Schaeffer, Lettre à Roland Barthes, éditions Thierry Marchaisse, 14, 90 euros.



(1) Roland Barthes, Fiction &Cie, Seuil, janvier 2015, 678 pages.

(2) Le mot est de Montherlant.

(3) Le mot est de Barrès.

(4) Tout lecteur de Barthes devrait lire Le Kimono décousu, promenade, suivi de Découpages japonais de Michel Butor, paru aux éditions Kailash, le 20 novembre 2003, peu de temps avant la mort de son auteur. Ce Gerçois, turcophile, était aussi barthésien et ses instantanés de vies japonaises, ces "cartes postales en mots", mythèmes saisis au vif demeurent le complément indispensable à la lecture de l'Empire des signes. Je n'ai pas connu Barthes mais quand les amis de Barthes évoquent son indulgence, sa gentillesse au sens le plus chimique du mot, immédiatement l'image de Jean Pinquié, disparu au seuil de la cinquantaine, resurgit, intacte, hurlant le mot de Proust à propos de la mère morte, la peine ne disparaît jamais, seul le souvenir s'étoffe...

(5) Schaeffer, p. 49-50.

(6) Paru chez Grasset en 1986 et en édition du Livre de Poche en 1990.

(7) Marie Gil, Roland Barthes, Au lieu de la vie, coll. "Grande biographie", Flammarion, 2012.

(8) Autre ouvrage passionnant, Jean-Claude Milner, Le pas philosophique de Roland Barthes, Verdier 2003 : "Jouant des mille éclats d’un cristal de pensée, Roland Barthes écrivit à la fois un roman d’éducation et une phénoménologie de son propre esprit. Page à page, texte par texte. L'auteur a souhaité en restituer la trame et le parcours."

(9) Reichler, La Diabolie, la séduction, la renardie, l'écriture, éditions de Minuit, 1979. Une thèse commencée au Séminaire, terminée "contre" son animateur à l'université de Lausanne.   

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1 commentaire

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Bravo pour cette critique si élaborée, si concernée, c'est rare aujourd'hui!