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A propos de Michaël Connelly : question de traduction

il y a 45 mois · Suivre (1) · Utile · Commenter

Les critiques y font rarement allusion, et les auteurs étrangers n’y font peut-être pas assez attention : de la traduction dépend pourtant, en grande partie, leur réputation.

Il ne s’agit pas là de disserter sur les mérites comparés des « grandes » traductions d’auteurs classiques, mais de signaler des anomalies courantes dont les éditeurs semblent allègrement se moquer.

Un exemple concret : le dernier Michaël Connelly que je viens de lire, intitulé L’Oiseau des ténèbres, paru en Poche en 2011. Ce n’est peut-être pas le dernier publié. Mais c’est le dernier que je lirai traduit par Robert Pépin. Un autre fan de Connelly, qui termine Volte-face paru en 2012, partage mon agacement.

Il y a deux traducteurs, à ma connaissance, de Michaël Connelly.

L’un s’appelle Jean Esch et il a également traduit Patricia Cornwell, Herbert Lieberman, Donald Westlake. C’est à lui que l’on doit la traduction du Poète, par lequel Connelly s’est fait connaître en France, si je me souviens bien. Un auteur de polars, certes, mais un auteur tout court et un superbe écrivain, je pense que je ne suis pas la seule de cet avis. Un univers (qui n’a pas eu envie de faire le voyage à Los Angeles sur les traces de Harry Bosch ?) et un personnage complexes, auxquels on s’attache littéralement – les branchés diraient certainement « addictifs ». Connelly ? Une merveille.

L’autre traducteur s’appelle Robert Pépin. Et là, patatras : il fait tout disparaître. Harry Bosch devient une brute épaisse s’agitant dans un Los Angeles sans âme. On sent qu’il s’agit d’arriver le plus vite possible au bout de cette traduction négligée, voire bâclée et, surtout, imprégnée de vulgarité. Il n’y a plus d’écrivain, plus de magie, plus d’excitation. Connelly ? Bof !

C’est à peu près comme si un orchestre donnait une œuvre de très grande qualité avec des instruments désaccordés.

Sans compter les fausses notes que sont les fautes de français. Dans les traductions, d’une manière générale, elles sont nombreuses mais aisément repérables car ce sont presque toujours les mêmes. Serait-ce si difficile, en cas de doute, de vérifier ? Encore faut-il, déjà, en savoir assez pour douter… Nous en revenons aux éditeurs, qui ne semblent pas exercer un bien grand contrôle.

Bref. Et conclusion : messieurs les éditeurs, si Connelly est resté, dans la langue d’origine, cet écrivain que nous aimions, rendez-nous le vrai Harry Bosch et délivrez-nous de la contrefaçon !   

il y a 45 mois · Suivre (1) · Utile · Commenter

gillis - Je viens de terminer "Meurtre à la sauce Cajun" de Robert Crais, traduit par Robert Pépin.  

C'est le dernier livre traduit par lui que je lis.
Il utilise à outrance les mots d'argot, les mots familiers, les mots anglais et d'autres qui ne sont même pas dans le dictionnaire.
S'il espère vendre des livres dans toute la francophonie, il devrait au moins traduire en français international.  C'est un manque de respect pour tous les lecteurs qui ne vivent pas en France.
J'espère que mon commentaire se rendra jusqu'à lui.
Gilles Lalancette du Québec. 

Le chat du bord - Les fautes de Français de Robert Pépin ! Ah... Je viens de lire "Ceux qui tombent". Ma foi, je ne peux qu'adhérer à votre indignation. J'en ai d'ailleurs fait part sur le site de l'éditeur. Je n'ai pas eu de retour. Elles portent, ces fautes, sur les manques de concordance des temps. L'imparfait y côtoie le présent d'une façon affligeante qui écorche l'oreille. Oui, je dis bien l'oreille car, lorsque je lis, j'entends les mots. Et : "Il n'y vit rien qui l'intrigue ou qu'il sente nécessaire d'analyser plus avant".... Le subjonctif est si beau ! Ce n'est qu'un exemple. Le lecteur de roman policier serait-il donc pris pour un inculte, c'est la question que j'ai posée ! Comme dit Gilles le Québécois : "j'espère que mon commentaire se rendra jusqu'à lui". Bonjour, Gilles. Car il faut savoir qu'un traducteur doublé d'un emploi de directeur de collection, c'est fort bien rémunéré... Dorénavant, j'achèterai en occasion. Il y a du fort bon état pour celui qui tient à l'emballage autant qu'au contenu. Cordialement.

2 réponses

Louyse Cadieux il y a 17 mois

Je finit" Dans la ville en feu." Et pour un livre à 21 euros avoir un témoin auriculaire... c'est assez spécial. ..

Ou le service des Mines et permis de conduire. 

Emma Cazabonne il y a 16 mois

je traduis moi-même des romans de l'anglais. Normalement, on doit toujours avoir un relecteur/une relectrice, mais quand je lis aussi certaines traductions, je me demande parfois si l'éditeur est vraiment passé par cette étape, pourtant indispensable.
Ce qui ne veut pas dire que vous ne trouverez pas d'erreur dans mes propres traductions. La traduction est un art très difficile, et parfois même jusqu'à quatre paire d'yeux passent à côté de fautes!

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