Présences et absences de Pierre Mari

À sa manière le narrateur propose son propre road movie. Quittant sa ville qui n'a jamais été la sienne, il a décidé tel un J-J Rousseau du nouveau millénaire de marcher mais aussi de prendre le train. Son chemin vagabonde à la façon d'un pacifique destrier mais sachant que son désarroi peut donner de trop résolu et presque d’inquiétant à mon pas.  Mais non sans facétie.
Cette initiation devient un but se perdant ça et là dont personne ne peut se faire la moindre idée rameutant ça et là de vieilles images et surtout des souvenirs. Le tout sans trop se soucier de vraisemblance. Certains proches font  figure pâle devant le narrateur lors de la revue de ses années de jeunesse.
Dès lors le road-lovie devient l'occasion de reprendre de vieilles histoires – Baron allemand compris. Cela  permet de réviser et ressasser ce qui fut vers ce qui pourrait être.
Peu à peu les nouveaux venus jointoient les plus anciens  et le propre narrateur trouve des alliés là où tout prend de vagues airs de légende – Algérie comprise. Mais des voies s'ouvrent même dans un compartiment en bout de train voire jusqu'à dénouer des intrigues mortelles – ce qui n'empêche pas de s'engager dans le courant de la vitalité.  
Les épisodes avancent que bien que mal entre hier et aujourd'hui. En prenant avantage pour lui que pour les autres le narrateur sait couper vieilles obsessions et amours ancillaires. Arrive l'époque où demeure soit rien ou tout ce qui est permis. Être revient à se défaire puis se refaire sans chercher de vieilles ombres même avenantes. Le dur désir de durer se transforme : Fleur de peau aux aguets, en ordre et en désordre de bataille. Demeure un mode de vie intégrale  là où, sans repos, les cendres de divers restes de l'existence sont envoyés  nulle part et partout.

Jean-Paul Gavard-Perret

Pierre Mari, Guerroyant, Éditions sans escale, mai 2024, 111 p.-, 15€

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