"Les perséides", les petites histoires de Robert Charles Wilson

De l’utilité des recueils de nouvelles

 

Auteur de romans de SF marquants de ces dernières années tels que Spin,  Darwinia, Les chronolithes ou Julian, Robert Charles Wilson a également écrit des nouvelles pour différents magasines de science-fiction tel Analog ou the magasine of science fiction & fantasy, voire pour des anthologies. Le Belial a décidé de publier le recueil les rassemblant, Les perséides et on félicite d’avance l’éditeur pour son courage, qui en vaut la peine vu la valeur des textes rassemblés !

 

Unité du recueil

 

Les évènements liés à l’étrange librairie Finders donne un fil directeur au livre (unissant par exemple Les champs d’Abraham ou Divisé par l’infini. Ce mystérieux établissement se retrouve à différentes époques ou strates de la réalité, a un patron (un hôte en fait, prisonnier de la librairie, sujet de la première nouvelle). Et la librairie Finders est ainsi à l’origine de nombre d’évènements qui déclenche les histoires.

 

Dans ce recueil, on  retrouve le goût de Wilson pour des personnages d’enfant : ainsi de la narratrice de L’observatrice, « victime » d’un premier contact à l’époque d’Hubble. Wilson a aussi le sens du vertige, tant dans Divisé par l’infini (le personnage principal se retrouve propulsé dans le temps, bien après l’extinction de l’Humanité) que dans une histoire un peu limitée (personne n’est parfait, même Wilson) comme Ulysse voit la lune par-dessus la fenêtre de sa chambre. Bref, la continuité thématique entre romans et nouvelles est totale.

 

Surprises et hommages

 

On y découvre aussi que Wilson aime jouer avec la perception des « choses qui sont cachées » : il nous donne ainsi avec Le miroir de Platon une variation quasi-lovecraftienne sur ce thème. En même temps, notons que le format court se prête aux hommages d’un écrivain reconnu à ses inspirateurs. La bibliographie en fin de volume démontre que Wilson a finalement livré peu de nouvelles (dommage d’ailleurs que le mariage de la Dryade, qui prolonge et même magnifie BIOS, roman hard science d’un auteur peu porté dans ce sous-genre, intégrée à l’édition lunes d’encre de Mysterium, ne soit pas dans ce recueil). Reste que Les perséides constituent une preuve de plus du talent d’un auteur majeur des littératures de l’imaginaire (comme dirait Telerama !).

 

Sylvain Bonnet

 

Robert Charles Wilson, les perséides, traduit de l’anglais (Canada) par Gilles Goullet, couverture de Manchu, Le belial, septembre 2014, 315 pages, 22 € 

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