Giampaolo Simi, La Nuit derrière moi

Un VRP de l'industrie dont la passion pour son Alfa Romeo Duetto 1300 est sans limite, presque une folie. Folie ? c'est le sujet du roman noir de Giampaolo Simi, La Nuit derrière moi, qui explore de l'intérieur la maladie mentale et criminelle d'un homme qui pourrait avoir tout pour être normal et simple, sinon ces petits moments où il passe de l'autre côté. Un court roman qui impose une langueur sombre et presque la simple peinture d'un monde glauque et violent, dans la tête du narrateur, jusqu'au dénouement final qui dévoile ce qui ne faisait que transparaître dans son récit où se mêlait les espérances et les doutes d'un homme "normal" piégé par sa propre noirceur, son double, son monstre intérieur : Furio. 

Construit incroyablement, d'une efficacité pure, ce roman très très noir laisse le lecteur avancer sans repère jusqu'au moment final de la révélation, qui choquera les moins avertis. Roman psychologique prenant, angoissant, La Nuit derrière moi, est un maître-livre du genre, oppressant, qui ne laissera pas indemne. Mais il faut tenir le coup d'une lecture qui semble vaine et lente, pesante même, et passer les premiers moments pour bénéficier de la magie de cet incroyable paysage intérieur masqué par un vernis de respectabilité qui, soudain, craque. Quand les vérités de façade d'un homme se vident de sens, alors le monstre peut jaillir.


Loïc Di Stefano

Giampaolo Simi, La Nuit derrière moi, traduit de l'Italien par Sophie Royère, Sonatine, janvier 2016, 286 pages, 18 eur

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