Théo Crassas le débridé

 

Théo Crassas d'une certaine manière passe à la vitesse supérieure ou se débride. Des arpents mythologiques certes perdurent - ils font en partie la signature du poète - mais un sentiment érotique devient de plus en plus puissant et semble ici ne réclamer nulle explication.

Le temps qu'il dure il amène à la jouissance et tout doute est aboli quant à la légitimité de la condition humaine et la situation même du poète dans le monde C'est par le corps que soudain les êtres communiquent. Le sensation sexuelle est au rendez-vous. Portés aux délices de la lubricité les amants cherchent l'anéantissement et l'amour.
Les deux pour le poète entrainent une mise à mort mutuelle à laquelle succède notre résurrection / en tant qu'Adam et Eve immortelle.

Certes le mâle semble souvent se réserver la part du lion même s'il prête une attention soutenue à sa partenaire. Le corps parle l'existence dans cette renaissance au moment où le poète s'éloigne des idées et concepts afin que les êtres puissent exister en eux-mêmes dans un présent vivant et totalement incarné.

Loin de la simple préservation de soi la prise de risque est immodérée au sein d'un élan vital fait de contrôle et de relâchements jumelés. Dans un but précis : devenir à soi comme à l'autre notre propre corps. Et ce, dans une position transitive et transitionnelle de l'expérience vitale là où le poète abandonne son statut de régent  afin de se satelliser à l'amante pour vivre une existence dans la sagesse d'une telle folie.


Jean-Paul Gavard-Perret
 

Théo Crassas, L'apothéose du yoga tantrique, coll. Encres Blanches, Encres Vives éditions, mai 2020, 16 p.-, 6,10 €

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