Sauve qui peut la vie : Tristan Félix

Tristan Félix fait penser le corps avec arrogance et jouissance. Le crâne, boîte fendue, libère ses frasques en suinte de chants où le féminin prend une forme exogène.

Le discours amoureux mélange l'être et l'animal dans la danse lente de la vie et le lait de la mort dans des sortes de radiances qui arrachent ce qui se nomme amour à tout convenu et à l'horreur pour toucher un innommable. Et ce au sein d'un monde devenu une suite de catastrophes qui obligent la poétesse à "délyrer" pour rester en parfaite adéquation à ce qui est.

Il s'agit par ce biais d'espérer encore (même si ce n'est pas gagné)  que les alvéoles n'aient plus rien de sarcophages. Exit le suaire des corps livrés aux crocs des chiens de garde. Les hommes ne sont plus que dieux pâles à la viande séchée.

Si bien que le féminin retrouve sa liberté de s'interpréter. Tristan Félix  ose donc cette chimérique excentricité. Elle y va fort afin que le désir circule autrement. Il revient désormais à  toutes les femmes quel que soit leur âge de le revendiquer. Et ce en diverses fresques  au rire amer où tout bouge continuellement.

Jean-Paul Gavard-Perret

Tristan Félix, Rêve ou Crève, Tinbad, mai 2022, 118 p.-, 15 €

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