Brian Azzarello présente Hellblazer, tome 1

Incarcéré dans une prison de haute sécurité, John Constantine va devoir survivre dans un monde où les brutes épaisses s’acharnent sur les plus faibles. Entre les gangs et les gardiens corrompus, Constantine ne pourra compter que sur ses pouvoirs et sa ruse pour espérer en échapper vivant. Pourtant, il semble agir en toute décontraction : aurait-il un plan en tête ?

 

Cette nouvelle période de la série Hellblazer était attendue avec impatience, mais aussi une certaine appréhension par tous les lecteurs qui avaient été envoûtés par les aventures de John Constantine, et qui se demandaient si les nouveaux auteurs pouvaient faire aussi bien que ses prédécesseurs (Garth Ennis, Warren Ellis). Et c’est fort heureusement le cas. Transcendant le canevas habituel de la série, ces nouveaux récits possèdent la même force, nous entraînant d’abord dans une prison avant de nous embarquer sur les routes des États-Unis pour faire des arrêts dans quelques bourgades reculées et bien peu recommandables.

 

Si le changement de décor est abrupte (John Constantine est viscéralement un londonien), il influence également le récit et l’atmosphère qui s’en dégage. Après l’ambiance ensorcelante, feutrée et brumeuse de l’Angleterre, Brian Azzarello nous plonge tout d’abord dans un univers carcéral étouffant de noirceur, étouffant, jouant toujours des stéréotypes pour les renforcer. Il nous invite à suivre un John Constantine d’abord narquois pour finir carrément sadique (voir le sort qu’il réserve aux prisonniers). Après ce passage d’une intensité rare, Azzarello expédie Constantine dans la campagne étatsunienne, lieu de toutes les perversions et de toutes les folies. À noter que les épisodes d’Azzarello privilégient la noirceur à l’occultisme et l’ésotérisme (on ne voit presque jamais John Constantine utiliser sa magie dans ces épisodes).

 

De plus, avoir confié la partie graphique à différents artistes, principalement Richard Corben et Marcello Frusin, est plus que bénéfique puisque cela renforce la puissance de chaque segment. Corben n’a pas son pareil pour créer un environnement carcéral des plus flippants, tandis que Frusin est épatant quand il faut souligner la déchéance des certains personnages. Des prestations absolument convaincantes, qui achèvent de convaincre.

 

Après Garth Ennis puis Warren Ellis, Azzarello reprend le flambeau, apporte un ton plus noir, plus cynique, à une série d’une qualité constante malgré les changements d’auteurs. Espérons maintenant une réédition des premiers épisodes de Jamie Delano : le bonheur serait alors complet.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

Lire la critique de Garth Ennis présente Hellblazer, tome 1

Lire la critique de Garth Ennis présente Hellblazer, tome 2

Lire la critique de Warren Ellis présente Hellblazer

 

Brian Azzarello (scénario), Richard Corben, Marcello Frusin (dessins)

Brian Azzarello présente Hellblazer, tome 1

Édité en France par Urban Comics (23 septembre 2016)

Collection Vertigo Signatures

400 pages couleurs, papier mat, couverture cartonnée

28,00 euros

EAN : 9782365779104

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