Walter Benjamin : les fumées de Marseille

À l'inverse de Baudelaire dans le poème du Haschich, Benjamin n'assimile pas l'expérience de la drogue à un suicide lent, à une arme toujours sanglante et toujours aiguisée.
Sous son emprise, l'auteur décrit ses divers états de conscience, ses exagérations soudaines non seulement des individus, mais des circonstances et du milieu.

Et si Marseille fut la ville où Walter Benjamin vécut ses dernières semaines,  bien avant – en 1929 –, elle fut le champ des expérimentations du haschich. Dans un petit bar, l'herbe se  mit à produire son enchantement avec une précision primitive, comme je ne l’avais peut-être jamais ressenti auparavant, précise l'auteur.

Une révolution mentale provisoire a donc lieu au moment où son esprit se voit soudain éclairée autrement. Chez lui l’esprit du fumeur de haschich n'est pas habité de cauchemars. Bien au contraire. Les transformations causées lui fournissent des hallucinations bénéfiques nouvelles où le monde prend des apparences singulières.  En lieu et place du poison, ce qui semble entrer en lui est un centre où le temps provisoirement ne compte plus et où la laideur du monde se transforme en beauté d'apparat.


Jean-Paul  Gavard-Perret


Walter Benjamin, Haschich à Marseille, Fata Morgana, mai 2021, 40 p., 11 euros

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