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François Villon

François Villon : Biographie

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Vie et œuvre de François Villon (1431-1463).

Le jeune poète qui fit un jour son apparition dans le cercle académique de Charles d'Orléans, à Blois, François de Montcorbier dit Villon, était né à Paris en 1431, de parents fort pauvres. Ceux-ci, reconnaissant en lui des moyens naturels, qui pouvaient lui ouvrir une brillante carrière, s'imposèrent de grands sacrifices pour lui faire fréquenter les écoles ; mais il n'en profita guère. Au lieu de suivre les leçons de ses maîtres, il passait les journées à battre les buissons avec tous les mauvais sujets de son âge il devint espiègle, tapageur, libertin et même, souvent voleur. À l'âge de vingt-cinq ans, il avait été pris plus d'une fois et enfermé au Châtelet pour des larcins de volailles et de pâtisseries. Cette vie déréglée justifie le surnom que ses contemporains lui donnèrent, Villon.

 

Tant que Villon se contenta de se réjouir avec ses camarades en volant des denrées, ses disgrâces se bornèrent à quelques mois de prison, renouvelée de temps en temps ; mais un jour, Villon et cinq de ses compagnons s'avisèrent de battre fausse monnaie et furent condamnés à être pendus. À la veille d'aller à la potence, notre poète composa une ballade pleine de mélancolie. Il se représente suspendu à la corde fatale, lavé de la pluie, séché du soleil, poussé çà et là par le vent. Heureusement, il put échapper la potence ; il en appela de la sentence du Châtelet au Parlement, qui commua la peine de mort en celle du bannissement. Villon se retira sur les marches de la

Bretagne.

 

C'est là probablement qu'il composa son Petit Testament, un de ses poèmes les plus remarquables par la verve, l'esprit, la bouffonnerie poussée jusqu'au cynisme. Il se suppose sur le point de mourir, et il fait d'avance son épitaphe et son testament en vers : il lègue à son procureur, une ballade en guise de paiement ; aux cabaretiers, ses dettes ; à un ivrogne, son tonneau vide ; aux pauvres clercs, sa nomination de l'Université, qui ne les enrichira guère ; à un ami trop gras, deux procès pour corriger son embonpoint ; et enfin, son corps à « notre grand'mère la terre », plaignant les vers, qui n'y trouveront pas « grand'graisse, tant la faim lui a fait dure guerre ».

 

De nouveaux larcins le ramenèrent bientôt sous les verrous : il fut arrêté par ordre de l'évêque d'Orléans, et il échappa encore une fois à la poterne, grâce à la protection de Louis XI, que le récit de ses gentillesses amusait. Villon ne manqua pas de remercier son souverain dans son Grand Testament qu'il composa la même année et où il appelle Louis, le Bon. On ne sait comment il finit sa vie.

 

Sous la rude écorce d'un vagabond et d'un voleur, Villon cachait le mérite d'un grand poète, et sous l'insouciance et la légèreté de son caractère, une gravité d'observation qui lui inspira d'admirables vers. Il diffère de tous ses contemporains par l'originalité de ses idées et de ses conceptions ; il n'a pas besoin de copier ou d'imiter ses devanciers et trouve en lui-même la source de son inspiration poétique. C'est ce qui fait son principal mérite et ce qui lui a valu cet éloge de Boileau :

 

« Villon sut le premier, dans ces siècles grossiers,

Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers. »

 

Le caractère particulier de la poésie de Villon est une mélancolie gracieuse et touchante. Cette mélancolie s'épanche librement dans la charmante Ballade des Dames du temps jadis, où il évoque toutes les beautés célèbres : Flora, la belle Romaine ; la reine Blanche, Béatrix, Jeanne, la bonne Lorraine, et d'autres ; il compare leur souvenir à un son fugitif qui répond à sa voix, sur la rivière ou sur l'étang, et il termine chaque strophe par un refrain touchant :

« Mais où sont les neiges d'antan ? »

Nous dirons donc avec M. Nisard : « Villon s'est affranchi le premier de l'imitation des vieux romanciers, le premier, il a tiré la poésie de son cœur ; le premier, il a créé des expressions vives, originales, durables. Charles d’Orléans est le dernier poète de la société féodale ; Villon est le poète de la vraie nation, laquelle commence sur les ruines de la féodalité qui finit. »

 

Toutefois, malgré le mérite réel de Villon, malgré le progrès qu'il fit faire à la langue poétique du XVe siècle, il nous semble, avec un critique moderne, que le poète dont la vie et les écrits outragent également la morale et la religion, et dont le cynisme s'égaie aux dépens de tout ce qu'il y a de sacré sur terre, ne doit point être offert, sans de sévères restrictions, aux hommages de la postérité.

 

[Daniel Bonnefon, Les écrivains célèbres de la France, ou Histoire de la littérature française depuis l'origine de la langue jusqu'au XIXe siècle (7e éd.), Librairie Fischbacher, 1895]

 

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