Quantum and Woody, tome 1 – Les pires super-héros du monde

Eric et Woody sont frères d’adoption : Eric est studieux, Woody est un cancre bagarreur. Enfants, ils étaient les meilleurs amis du monde, et puis ils se sont fâchés et séparés. Le destin les réunit de nouveau : leur père décède dans un tragique accident. Cela les amène à reprendre contact, mais aussi à s’interroger sur la mort de leur père, puisque ce dernier pratiquait des expériences scientifiques plutôt étranges pour le compte d’un mystérieux laboratoire. Dans leur enquête, il déclenche un accident dont ils se sortent a priori indemnes. Mais pas tout à fait, puisque les voici affublés de pouvoirs extraordinaires… à condition de rester ensembles !

 

Ces dernières années, les anti-héros et autres « héros malgré eux » ont le vent en poupe dans le monde des comic-books. Et pour être tout à fait honnête, je m’attendais à tomber sur un ersatz de Deadpool (qui cartonne chez Marvel) ou d’Harley Quinn (qui cartonne chez DC). Mais en fait, Quantum and Woody relève plus de Superior Foes of Spider-Man, une série un peu moins connue, mais terriblement efficace, écrite par Nick Spencer chez Marvel.

 


Quantum and Woody mélange les deux genres très codifiés que sont le buddy movie et les histoires de super-héros. Dans le buddy movie, l'intrigue est menée par des héros très différents, aux antipodes l'un de l'autre même, obligés de travailler ensemble, ce qui provoque souvent entre eux des problèmes de communication. Malgré tout, après des débuts souvent compliqués, ils finissent par s'entendre et s'apprécier. C’est précisément cette trajectoire qu’adopte James Amsus pour Eric et Woody, deux imbéciles plongés dans un univers super-héroïque, avec un soupçon d'ambiance à la James Bond (pour le grand vilain, a base secrète et tout le toutim). En parlant d’univers, sachez qu’il n’y a pas besoin d’avoir lu d’autres titres de l’éditeur Valiant pour apprécier l’histoire, Quantum et Woody étant déconnectés des autres séries.

 

Contrairement à Deadpool ou Harley Quinn, des personnages qui évoluent en solo, l’humour repose ici principalement sur les dialogues, réellement très drôles, et gentiment féroces (lorsqu’il s’agit de se moquer des handicapés ou des noirs, par exemple). Et Asmus s’amuse à tourner aussi en dérision les stéréotypes des super-héros.

 


L’autre succès de cette série, ce sont les dessins, parfois sacrifiés sur ce genre d’histoire. Ici, pas du tout, le dessinateur Tom Fowler trouve un juste milieu entre le classique et un soupçon d’ironie, le tout dans une mise en scène dynamique.

 

Je n’attendais pas grand-chose de ce Quantum and Woody, et je me suis surpris à le lire d’une traite. Et puis surtout… à me marrer ! Et comme la conclusion de cet album laisse entendre que les aventures de nos deux idiots sont loin d’être finies, j’attends le tome 2 avec une réelle impatience. Ça tombe bien, sa sortie est programmée pour le 13 octobre prochain.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

James Asmus (scénario), Tom Fowler (dessin)

Quantum and Woody, tome 1 – Les pires super-héros du monde

Édité en France par Bliss Comics (27 mai 2016)

128 pages couleurs, papier glacé, couverture cartonnée

13,95 euros

ISBN : 9782375780027

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1 commentaire

jacobos

"Je n’attendais pas grand-chose de ce Quantum and Woody, et je me suis surpris à le lire d’une traite. Et puis surtout… à me marrer !"  C'est exactement ça. Et ça fait du bien. Reste à voir ce que donne le tome 2