The Shaolin Cowboy

Le Shaolin Cowboy se réveille dans le désert. Sur son chemin, des centaines de zombies affamés. Sa seule arme est un bâton équipé de tronçonneuses à ses extrémités… et son don pour les arts martiaux !


Curieux artiste que ce Geof Darrow ! Il navigue en effet à la fois dans l'industrie du cinéma (on lui doit une grande partie des design et story-board de la trilogie Matrix) et de la bande-dessinée US (Hard-Boiled et Big Guy and Rusty the Boy Robot avec Frank Miller dans les années 90). Il signe avec ce nouveau Shaolin Cowboy une suite à cette série commencée en 2004 (et éditée chez nous par Panini France).


Une suite en forme de mini-récit complet qui vaut le coup d’œil, Darrow mariant ici avec une réelle réussite les genres, en mixant dans un même élan les influences du western, du film de zombies, et les films d'art martiaux. Certes, le scénario brille essentiellement par sa simplicité (le héros face à des morts-vivants), se résumant à un massacre linéaire au possible. Reste que l'histoire respecte suffisamment les codes et stéréotypes pour séduire les amateurs de ces trois genres.


La chorégraphie, la précision du trait et l'esthétique confèrent un supplément d'âme assez atypique à cette œuvre qui réserve quelques séquences proprement épatantes sur le plan de la narration et du dessin. Car à bien y regarder Geof Darrow propose rien moins qu'un combat ralenti sur une bonne cinquantaine de pages (qui suggère aussi ses expérimentations sur le bullet time des Matrix). Darrow utilise souvent les double pages pour renforcer l'aspect cinématographique du dessin. Il utilise aussi de jolies astuces pour suggérer la chorégraphie d'un ballet tout à la fois somptueux et violent : idée géniale mais gore que d'utiliser les gerbes de sang pour suggérer la trajectoire de son bâton-tronçonneuse, par exemple.


On pourrait évidemment lui reprocher ses longueurs, une durée excessive de certaines séquences, voire la quasi-absence de dialogues (une pensée pour le traducteur, qui a dû être ravi). Le plaisir de lecture se trouve évidemment ailleurs, comme souvent chez Darrow.


L'ensemble mérite largement le détour, ne serait-ce que pour contempler ce travail d'orfèvre de l'artiste : la profusion de détails dans ses planches est tout simplement hallucinante ! Ainsi, on peut dire que le parti pris de Shaolin Cowboy ne laissera aucun lecteur indifférent : voici une bande-dessinée qui se regarde plus qu'elle ne se lit, qu'on se le dise.



Stéphane Le Troëdec




Geof Darrow (scénario et dessins)

The Shaolin Cowboy

Édité en France par Glénat (28 octobre 2015)

Collection Comics

160 pages en couleurs sur papier glacé sous couverture très cartonnée

19,95 euros

EAN : 9782344010990

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