Trees, tome 2 – Deux forêts

La Terre a subi une invasion des plus étranges. D’énormes structures extra-terrestres semblables à des arbres se sont implantées un peu partout sur le globe. Depuis, rien n’a beaucoup évolué, et les êtres humains ont appris à vivre à l’ombre de ces « arbres ». Sauf que dernièrement, en Arctique, où la structure ET a explosé. La biologiste Ridley Calderwood a réchappé de justesse à la catastrophe, juste après avoir compris que l’explosion est plus ou moins liées à l’apparition de curieuses fleurs noires au pied de l’arbre. Une fois remise de ses blessures, elle est contactée par le gouvernement anglais qui craint que l’arbre installé sur les îles Orcades explose, entraînant toute la Grande-Bretagne au fond de l’océan. Pendant ce temps, à Manhattan, le maire découvre qu’une nouvelle menace est apparue sous l’île…

 

Dans ces épisodes 9 à 14, Warren Ellis modifie le rythme de la série. Dans le premier tome, il passait d’une zone à une autre, pour nous présenter les conséquences de la présence des « arbres ». Cela créait un effet zapping, on basculait d’une partie du monde à une autre. Ici, Warren Ellis se concentre essentiellement sur deux zones : les îles Orcades et Manhattan. Du coup, on passe d’une crise mondiale majeure à des enjeux plus locaux. Cela change le ton de la série car Ellis s’attarde et détaille beaucoup plus les deux intrigues. Que se passe-t-il ailleurs dans le monde ? On n’en sait rien, mais j’imagine qu’on reviendra dessus dans les épisodes à venir.

 

Il se passe très peu de choses dans ces épisodes. Je veux dire que l’action n’avance pas beaucoup, mais que ce n’est pas très grave. À l’action, Ellis préfère l’ambiance, la description parfois méticuleuse d’un monde en pleine mutation. Pour ma part, j’ai préféré toute la partie se déroulant en Grande-Bretagne, mais cela ne veut pas dire que l’intrigue qui se déroule à Manhattan soit mauvaise, bien au contraire. Dans le tome 1, on ne nous avait presque pas montré l’invasion pour se concentrer sur les conséquences. Ici, on commence à mieux comprendre la manière dont les « arbres » sont descendus sur Terre. L’histoire est tellement bien écrite et dessinée qu’on accroche d’abord parce qu’on veut en savoir plus sur cette invasion des plus originales, et parce qu’on commence à s’attacher aux personnages.

 

Warren Ellis a aussi la chance de pouvoir compter sur le graphisme de Jason Howard. Son trait est d’une qualité impressionnante et constante, et sous le crayon d’un artiste moins talentueux, il est probable que certaines idées fonctionneraient beaucoup moins bien. Il parvient à dessiner un monde futuriste terriblement crédible, invente quelques détails convaincants. Et l’artiste signe certaines couvertures dans un style qui rappelle celui de Saul Bass. Une réussite.

 

Ce tome 2 confirme tout le bien que je pensais des premiers épisodes de Trees. On tient là une série de SF solide, bien écrite, avec un design particulièrement attractif. Par contre, Ellis change sa manière de raconter l’histoire par rapport au tome 1, et je suis curieux de voir comment cela va impacter la suite de l’histoire.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

Warren Ellis (scénario), Jason Howard (dessins)

Trees, tome 2 – Deux forêts

Édité en France par Urban Comics (28 octobre 2016)

Collection Urban Indies

144 pages couleurs, papier glacé, couverture cartonnée

15,00 euros

EAN : 9782365778862

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