Futures End, tome 3

Résumé des épisodes précédents : dans les deux premiers tomes de la saga Future Ends, nous avons découvert que dans trente ans, tous les super-héros de la Terre seront assimilés par une intelligence artificielle surnommée « L’Œil ». McG, adolescent et acolyte costumé du Batman du futur, remonte le temps vers le passé dans l’espoir d’empêcher la création de l’Œil. Malheureusement, il arrive cinq ans après la date prévue. Notre Terre est à cette époque en proie de grands changements : les terriens doivent accueillir les rescapés de Terre-2, la Terre d’une dimension parallèle. Et évidemment, l’Œil a déjà commencé à mettre en place ses machinations… 

 

Avec le succès de Batman Eternal, DC Comics décidait de retenter l’expérience d’une série hebdomadaire, avec tous les problèmes éditoriaux que cela implique en coulisse (rappelons que les séries américaines sont généralement mensuelles). Mais DC Comics avait mis les petits plats dans les grands côté scénario, en recrutant des artistes comme Brian Azzarello (100 Bullets), Jeff Lemire (dernièrement Descender), Keith Giffen ou bien encore Dan Jurgens (La Mort de Superman). Des pointures. 

 

Malheureusement, après un démarrage intéressant, on a petit à petit eu l’impression que chacun tirait la couverture de son côté, sans vraiment se préoccuper des autres. Futures Ends a ressemblé assez vite à une espèce de patchwork, pas désagréable, mais qui n’arrivait pas à trouver une réelle légitimité (là où Batman Eternal était clairement annoncé comme une pierre angulaire du batverse, par exemple). Surtout au regard de la liste des artistes impliqués. 

 

Premier écueil, on a du mal à croire que l’univers DC Comics officiel de « dans cinq ans » ressemblera à ce qu’on nous montre dans Futures End, et donc la crédibilité de ce qu’on nous présente en prend un sérieux coup. L’autre aspect « casse-gueule » de l’intrigue reste sa complexité. En 2011, DC Comics rebootait l’ensemble de son univers pour en simplifier l’accès. Quatre ans plus tard, on se retrouve avec cet event, Futures End, dans lequel on évoque le futur de « dans 30 ans » et le futur de « dans 5 ans », sans compter qu’il faut aussi faire avec des versions alternatives de chaque personnage venu de l’univers de Terre-2 (excellent Earth-2 au demeurant, lire ici) ! Dans le genre accessible, on a connu plus simple que Futures End 

 

D’autant plus que tout laisse à croire qu’on a fait un peu les fonds de catalogue : ici, pas de Superman, Batman ou Flash. Futures End fait la part belle à des personnages qu’on voit peu, surtout en France : Atom, Grifter, Amethyste, Frankenstein, Batman Beyond, Hawkman, The Authority… Pour ma part, c’est précisément ce qui fait le charme de Futures End, d’autant plus qu’Urban Comics n’a pas jugé bon de traduire certaines séries post-2011. 

 

Ce tome 3 démarre dans la lancée du tome 2, où on retrouvait un intérêt à l'ensemble, notamment avec l'arrivée de Brainiac. Problème : au fur et à mesure, le niveau s'étiole lentement. La faute selon moi à un changement dans l'organisation des épisodes. Jusqu'ici Futur Ends compilait quatre à cinq intrigues plus ou moins parallèles, si bien que même si on n'aimait pas certaines histoires, on se raccrochait aux autres. Sauf que ce tome 3 marque un tournant dans l'histoire globale, et on revient à quelque chose de plus traditionnel dans l'organisation. 

 

Je croise les doigts pour une fin originale et dynamique. Mais je commence à voir venir le truc, et si cela se trouve, tout nous est déjà annoncé dans le titre de la saga (Futures End…). Espérons qu'on évitera le « tout ça pour ça ». Rendez-vous dans le tome 4 à venir rapidement (27 mai prochain). 

 

 

Stéphane Le Troëdec 

 

 

 

Brian Azzarello, Keith Giffen, Dan Jurgens, Jeff Lemire (scénario) collectif (dessins) 

Future Ends, tome 2 

Édité en France par Urban Comics (19 février 2016) 

Collection DC Renaissance 

296 pages couleurs, papier glacé , couverture cartonnée 

22,50 euros 

ISBN : 9782365776912

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