Intérieur de Maurice Maeterlinck à la Comédie française : Scandaleux !

Il en va désormais du théâtre – dans cette culture française qui n’existe pas, ou plus, selon monsieur Macron – comme de tout le reste : on se moque des gens !

Tenté par l’approche poétique de Maurice Maeterlinck, ne voilà-t-il pas que je jette mon dévolu sur Intérieur, au Studio de la Comédie française et là, patatras…
J’assiste à une escroquerie !

 

Oui, une escroquerie, d’ailleurs, si la salle affichait complet ce dimanche après-midi, les applaudissements timides de seulement la moitié du public, trahissaient un certain malaise. Alors il faut le dire : il convient d’appréhender monsieur Nâzim Boudjenah afin qu’il ne récidive point. Et de rembourser les spectateurs mécontents, question de principe…


En 2015, j’étais sorti de la salle avant la fin de Fin de l'Histoire, une adaptation d’après Witold Gombrowicz par Christophe Honoré au Théâtre de la Colline, mais parce que c’était un peu trop bruyant, hystérique, foutrarque mais c’était créatif, les acteurs excellents, la mise en scène déjantée, c’était trop comme bien souvent en ces temps troublés où la culture se croit obligée d’en rajouter, mais ce n’était en rien une escroquerie, un acte de vandalisme comme c’est le cas de cet Intérieur qui n’est même pas surjoué, mais déjoué, c’est l’absolue nullité sur scène !



Car de quoi s’agit-il ? D’une mascarade présentée par la presse bien pensante comme une prouesse quand il n’y a… RIEN !
Un décor simpliste : un écran sur lequel est projetée une image, une maisonnée dans le coin gauche, un fleuve dans le droit, quelques animations dignes des années 1990 qui n’ont rien d’extraordinaires.
Deux acteurs, puis quatre, qui ânonnent lentement, très    lent   e  ment…

Voilà d’ailleurs le problème : quand le noir se fait, nous restons deux minutes devant le fameux écran où deux silhouettes approchent du fond, puis les acteurs entrent, encore deux minutes à piétiner sur place, enfin une phrase est dite… et derechef trente secondes d’attente avant la réplique……….. puis trente secondes d’attente avec la troisième phrase………….. puis trente secondes de silence avant la quatrième……….
Et toute la pièce est ainsi étirée dans le vide sidéral…

 

Vous avez compris ? On se fout du monde !
Il n’y a AUCUNE mise en scène – ce qui est somme toute normal puisque… ce môssieur est acteur ! mais à force de se croire au-dessus de tout, en tant que pensionnaire, il ose tout (ce qui me rappelle la réplique d’Audiard dans un film célèbre ; les cons ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait) – si bien que notre metteur en scène d’opérette laisse ses acteurs se contenter de parler très très lentement en regardant leurs pieds ou le nez face à l’une des parois du décor, si bien que l’on se demande s’ils sont sous Valium ou doivent interpréter un débile mental : ni l’un ni l’autre.
Il faut gagner du temps !



Oui, il faut justifier cette heure passée, cette heure perdue, le prix du billet, la renommée de la Comédie française où l’on se prend tellement au sérieux…

Sauf que le bât blesse – voire se déchire si j’osais paraphraser Pierre Desproges – car cette pièce est aussi une escroquerie intellectuelle. En effet, elle n’a pas été écrite pour les Hommes mais… pour les marionnettes ! Elle fait partie d’une trilogie qui compte Alladine et Palomides et La Mort de Tintagiles. Donc elle est écrite pour durer vingt minutes – et non trois fois plus – et elle s’adresse à un public… plus jeune, non aux adultes. Même si à la fin du XIXe siècle certains théâtres de marionnettes étaient aussi ouverts aux grandes personnes mais la démarche était différente, c'était le temps béni de la satire, du burlesque.

Bref, il y a insulte faite à l’auteur qui doit compiler les doubles saltos dans sa tombe à voir la manière dont on profane ses écrits… Seconde raison pour incarcérer monsieur Nâzim Boudjenah. Et si on voulait en trouver une dernière, ce serait en mémoire de Patrice Chéreau qui le forma et qui, lui aussi, doit en vomir dans son cercueil.

 

Donc le conseil du jour : n’y allez pas !

Et si vous avez un billet, revendez-le, cela se fera sans problème si j’en crois ces deux dames qui attendaient devant l’entrée avec un petit carton suppliant qu’on leur vende une place… les pauvresses…

 

François Xavier

 

Maurice Maeterlinck, Intérieur, mise en scène de Nâzim Boudjenah, Studio de la Comédie française, avec Thierry Hancisse, Anne Kesler, Pierre Hancisse, Anne Cervinka, 26 janvier-5 mars 2017

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