Ici seulement nous sommes uniques, de Christine Avel : Paradis enfantin perdu

Cela se passe sur une île grecque, mais ça pourrait être n’importe où il y a du soleil, la mer et la liberté pour une bande d’enfants dont les parents, archéologues, s’occupent plus de la terre que de leur progéniture. 

Chaque année, alors que le soleil est à son acmé, les gosses se retrouvent, inventent un langage bien à eux, des jeux qui leur appartiennent. 

Au sein de la petite bande Evi, Niso, Stella, Zac et les autres découvrent le bonheur de vivre pieds nus, de se baigner, de s’inventer des aventures dans les fouilles. Leur paradis semble immuable et loin, si loin des adultes occupés à leur travail et à leurs amours. 

Mais peut-on retenir le temps qui passe ? Les enfants libres grandissent, deviennent des adolescents parfois grincheux, s ’aiment et se rejettent. La dure loi du désir s’impose à eux ainsi que le monde extérieur. L’île, elle-même, tenue éloignée du progrès s’ouvre au tourisme du monde entier. Imperceptiblement leur monde change et eux avec, la mécanique parfaite s’enraye et la réalité s’impose. Bientôt il n’y aura plus d’étés caniculaires où la liberté de l’enfance régnait. 

Christine Avel réussit à nous raconter avec grâce ce temps suspendu de l’enfance, ce dur passage de l’adolescence et nous transplante dans un été qu’on aimerait ne jamais finir tant il est poétique et riche d’évocations.

Un roman éblouissant tel le soleil au zénith. 

Ariane Bois

Christine Avel, Ici seulement nous sommes uniques, Buchet Chastel, août 2019, 256 pages, 16 €

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