Le Génie du Christianisme, de Chateaubriand : Résumé


Résumé : Le Génie du Christianisme, de François-René de Chateaubriand  (1802)

 

Ce livre a pour objet de montrer l'excellence de la religion chrétienne sous un aspect tout nouveau, la beauté poétique. L'auteur a résumé lui-même sa pensée de la manière suivante : « De toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres. Le monde moderne lui doit tout, depuis l'agriculture jusqu'aux sciences abstraites, depuis les hospices, bâtis pour les malheureux, jusqu'aux temples élevés par Michel-Ange et décorés par Raphaël. Il n’y a rien de plus divin que sa morale, rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et son culte ; elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, offre des formes nobles à l'écrivain et des moules parfaits à l'artiste. » L'ouvrage entier n'est que le' développement de cette thèse.

 

Le Génie du Christianisme peut se diviser en trois parties. Dans la première, Chateaubriand expose et cherche à démontrer le dogme chrétien ; dans la seconde, il décrit le génie poétique et littéraire du christianisme ; dans la troisième, il traite du culte, c'est-à-dire de toutes les institutions et de toutes les œuvres qui sont nées du christianisme.

 

La première partie porte successivement nos regards sur les mystères et les sacrements, sur la morale et la vérité de l'Écriture sainte; cette partie est la plus faible de l’ouvrage. L'auteur se retrouve sur son vrai terrain lorsqu'il s'attache à prouver l'existence de Dieu par les merveilles de la nature ; ses souvenirs de voyages dans les magnifiques solitudes de l'Amérique lui fournissent des tableaux d'une splendeur sans pareille.

 

La seconde partie, que l'auteur divise en deux, l'une sous le titre de Poétique du Christianisme, l'autre sous celui de Beaux-Arts et Littérature, embrasse toute l'esthétique de la religion chrétienne. C'est la partie de l'ouvrage la plus originale et la plus sérieuse. Le dix-huitième siècle avait accusé le christianisme d'avoir éteint la civilisation antique dans la barbarie. L'auteur prouve le contraire. Non seulement le christianisme a conservé ce qu'il y avait de meilleur dans la civilisation antique, mais son génie a suscité à son tour des œuvres d'art égales sinon supérieures à celles de l'antiquité, et a élargi le domaine des lettres et des arts. Chateaubriand veut réhabiliter l'art chrétien aux dépens de l'art grec. Il démontre sa supériorité morale, mais il a grand peine à déguiser son infériorité au point de vue de la composition et du style. Il a raison de soutenir que le christianisme a transfiguré les arts en s'attachant plus à l'expression qu'à la correction des traits, et en faisant concourir à sa glorification les lettres, la statuaire, la peinture et la musique. Il est moins heureux lorsqu'il tente d'établir à tout prix la supériorité d'exécution chez les modernes ou lorsqu'il prône l'emploi du merveilleux chrétien, en dépit de Boileau.

 

La troisième partie, qui a pour titre le Culte, contient les sujets les plus divers. Le premier chapitre est intitulé les Cloches et le dernier traite de la politique chrétienne. Tout passe dans l'intervalle : costume religieux, cérémonies, solennités, Fête-Dieu, Rogations, etc.

 

[D. Bonnefon, Les écrivains modernes de la France, 1880]

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