Les hauts-fonds de Laurence Courto

 La méthode de Laurence Courto est astucieusement empirique. Choisissant le support-matière qui lui convient, à un instant donné elle se met au travail « à l’instinct »  sans cesser de questionner le travail sitôt commencé.  Le geste vole allègrement pour ne pas s’alourdir du conditionnement du savoir acquis qui pourrait s'exercer sur lui. La « précipitation » est donc agissante et contagieuse. Elle porte qui regarde les œuvres de l’artiste à bondir lui aussi.

 

Le travail commencé peut faire place à autre chose car Laurence Courto se jette à l’eau  avec l’idée qu’une fois dans le bain elle avisera. L’imprévu, le désordre, le contretemps peuvent donc être des facteurs d'avènement d'une image qui emporte l’artiste vers des terres inconnues.

 

Vient ensuite le temps de la réflexion et parfois de la destruction. Si une œuvre réalisée ne jette pas à nouveau l’esprit et l’émotion en mouvement Laurence Courto l'élimine. Mais néanmoins  elle sait faire preuve de patience : l’esprit critique n’est pas toujours aussi perspicace qu’il n’y paraît un jour précis. Il est parfois urgent d’attendre. Le temps passé, les œuvres retenues fascinent : toutes sont chargées de nouveaux « codages » révélateurs de turbulences de bien des profondeurs.

 

Jean-Paul Gavard-Perret


Laurence Courto, « peintures, dessins », Galerie La Capitale, 75001 Paris, du 29 avril au 17 mai 2014.

 

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