Laurent Albarracin, le laveur d'eau

Dans ce que Pierre Vinclair, nomme en sa Préface l'allégeance amusée aux choses, Laurent Albarracin ne se veut pas un dormeur du val. Il avance dans des sonnets parfois drôles dans leur facture et sentimentaux juste ce qu'il faut.

L'art de la contrebande du moins en poésie permet donc un fantastique éveil. L'équivoque érotique y est souvent de mise même si l'auteur ne franchit pas certaines "frontières" (si l'on s'en tient au titre).

Virtuose et roué, l'auteur cultive une forme de préciosité agrémentée de certains précipices en de tels exercices d'enchantement. Celui qui se dit laveur d'eau, se doit d'être ingénieux pour atteindre un tel but. Et ce qu'il écrive debout ou couché. Mais ce qui est sûr : il refuse que l'eau de la vie soit sujette à croupir.

L'existence ne peut donc s'envaser pas plus que de se retenir. Elle file et défile en déposant ça et là des pierres qu'il convient au poète de dégager pour libérer le courant et qu'en pente légère il se laisser aller pour ouvrir le monde. Et ce dans le jeu de sonnets. Ils échappent à la déréliction. Le poète y avance la bride sur le cou et ses mots idem.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

Laurent Albarracin, Contrebande, préface de Pierre Vinclair, coll. S!NG, Le corridor bleu, octobre 2021, 96 p.-, 12 €

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