"Le Jour du Chien", Patrick Bauwen maître du suspens implacable

Chris Novak, brillant médecin ne se remet pas de la mort de sa femme Djeen, poussée trois ans plus tôt sous une rame de métro. Le meurtrier, le chien, un monstre de la pire espèce, rejeté même par sa propre famille est désormais enfermé dans un asile.

Un soir, le praticien est agressé dans un wagon après avoir voulu porter secours à Audrey, une jeune juge, importunée par des voyous. Gravement blessé, il se réveille du coma et s’aperçoit que la vidéo de l’altercation circule sur le net. A sa grande stupéfaction, il découvre qu’en arrière-plan figure sa femme bien vivante. Perdu, bouleversé, il va avec l’aide de son beau-frère et de la juge, se lancer dans l’enquête qu’il aurait bien aimé voir conduite trois ans plus tôt par les policiers.

Dans sa quête éperdue, rien ne lui est épargné : non seulement Djeen lui apparaît à nouveau mais il s’aperçoit que Le Chien n’a pas réintégré sa structure de soins et en cavale, se terre, introuvable dans le métro et les catacombes, continuant à torturer et tuer de la pire façon qui soit.

Enfin, il est lui-même soupçonné par la police et menacé par des voyous qui ne plaisantent pas et lui font parvenir une oreille coupée en signe d’avertissement.

Fou d’angoisse, il renoue avec un ancien copain-adversaire d’enfance Youri qui a lui aussi bien connu sa femme et lui fournit une assistance aussi peu légale que déterminante.

Dans Le Jour du Chien, l’auteur entraîne le lecteur dans une course folle à travers Paris décrit avec une poésie inattendue, côté Montmartre, ou terrifiant dans les catacombes qu’il connaît visiblement bien. Rare chez les auteurs de polars qui écrivent souvent à la hache, ces descriptions littéraires donnent au livre une légitimité stylistique et confirment le talent de Patrick Bauwen qui s’accentue et se confirme de livre en livre.

Le lecteur retrouve dans ce nouvel opus toutes les caractéristiques qui font le succès des thrillers de l’écrivain, par ailleurs urgentiste : l’humanité du héros, médecin, confronté au crime, mais qui cache un passé tourmenté, un suspens implacable, des rebondissements à chaque page. Plus un meurtrier en série particulièrement retors et intelligent qui entraîne ses victimes dans les profondeurs du sous-sol parisien, explorés comme un continent inconnu, une deuxième ville obscure et angoissante.

Les réseaux sociaux augmentent la paranoïa et la terreur ambiantes tandis que la drogue des Jihadistes, le Captagon embrume les cerveaux dans les journées de canicule de cet été de fou. Au fil du récit, la dynamique s’emballe, le lecteur se perd et ne peut que saluer le double rebondissement qu’il doit lire deux fois, stupéfait par tant de maîtrise et d’imagination.

Brigit Bontour

Patrick Bauwen, Le Jour du Chien, Albin Michel, mars 2017, 428 pages, 21,50 eur

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Traîtrise Macabres trahisons de la France et du Maroc Oh mes pays bien aimés !