Ruy Blas de Victor Hugo : Résumé


Résumé : Ruy Blas de Victor Hugo (1838)

 

Don Salluste, ministre du roi d'Espagne, vient de tomber en disgrâce et d'être exilé par ordre de la jeune reine. Il jure de se venger et songe un moment à se servir dans ce but de son cousin, don César de Bazan, homme perdu de débauches ; mais celui-ci, apprenant qu'il s'agit de tendre un piège à une femme, se récrie et refuse avec fierté.

 

À défaut de son cousin, Salluste se servira de Ruy Blas, son laquais, ancien camarade de don César. Une conversation qu'il a écoutée entre ces deux amis lui fait surprendre un secret qui suffira pour ourdir la trame infâme qui doit perdre son ennemie, Ruy Blas vient d'avouer à don César, chose inouïe, qu'il est amoureux de la reine. Le plan de Salluste est dès lors tout tracé. Il fait quitter à Ruy Blas sa livrée, le revêt du costume de grand d'Espagne et l'introduit auprès des seigneurs de la cour sous le nom de don César dont il a châtié la hardiesse par l'exil. Le laquais, qui s'est laissé faire, s'engage en retour, par un billet, à servir son maître en toute occasion comme un bon domestique ; puis le ministre se borne, en s'éloignant, à donner au nouveau seigneur, qui ne comprend rien aux intentions de son maître, un seul ordre: plaire à la reine et s'en faire aimer.

 

Les vœux de Salluste ne tardent pas à se réaliser. Les circonstances favorisent la fortune de Ruy Blas ; la reine l'élève aux plus hautes dignités et en fait son ministre d'État.

 

Cette élévation rapide excite l'étonnement et la jalousie des conseillers du roi ; Ruy Blas les surprend en séance dans la salle du gouvernement, se partageant les revenus du royaume.

Tout à coup, il s'avance et flétrit leur cupidité ; puis, songeant à la grandeur passée et à la décadence actuelle de l'Espagne, il interpelle dans un monologue célèbre Charles Quint dans sa tombe.

 

Au moment où les conseillers foudroyés se retirent, la colère dans le cœur, une tapisserie se soulève et la reine apparaît rayonnante ; elle a tout entendu du cabinet obscur qui communique à ses appartements et elle félicite son courageux ministre. Mais pendant qu'elle s'éloigne, laissant Ruy Blas ivre d'extase et de bonheur, un homme, vêtu d'une livrée, est entré par la porte du fond et vient brusquement lui poser la main sur l'épaule ; c'est don Salluste. Après avoir rappelé à Ruy Blas ses anciennes fonctions, il lui ordonne d'aller l'attendre le lendemain dans sa petite maison avec carrosse attelé ; le ministre, qui soupçonne un piège contre la reine, se débat et refuse ; mais Salluste le menace de tout découvrir et lui rappelle la promesse qu'il lui a faite autrefois de lui obéir aveuglément. Ruy Blas, humilié, brisé d’émotion s'incline et promet.

 

Nous le retrouvons, en effet, dans la maison de Salluste. Là il songe avec accablement à son élévation et à sa chute prochaine, mais surtout aux dangers que court la reine. Pour éviter les pièges, il lui a fait dire de ne sortir du palais sous aucun prétexte ; mais le message n'a pas été rempli ; au contraire, don Salluste a fait parvenir à la reine un billet par lequel le ministre, menacé d'un grand danger, l'appelle à son secours. La reine n'hésite pas, et, au risque de se compromettre, se rend seule, de nuit, dans la maison de Ruy Blas. À sa vue, le ministre, épouvanté, la supplie de fuir ; elle s'y refuse et montre la lettre. L'odieuse trame est découverte ; le monstre qui s'était caché apparait lui-même; sa vengeance est complète : il apprend à la reine que le ministre qui a sa confiance n'est qu'un laquais et la menace de dévoiler cette entrevue nocturne qui doit la perdre à jamais.

 

Après un vif échange, Ruy Blas, qui s'était contenu avec peine, se précipite sur don Salluste, lui arrache son épée et la lui plonge dans le cœur ; puis, ne pouvant survivre à son déshonneur, il avale une fiole de poison et meurt sous les yeux mêmes de la reine, après avoir obtenu son pardon.

 

[D. Bonnefon. Les écrivains modernes de la France]


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