Camille Pascal : L'Air était tout en feu

En 1718, La France va mal, très mal. Louis XIV est mort depuis trois ans, laissant un pays misérable, ruiné par les guerres et le faste de la cour. Ayant perdu fils, petits-fils, arrières petits-fils, son seul héritier, le futur Louis XV n’est encore qu’un enfant. La régence est assurée par son neveu, le fils de Monsieur et de La Princesse Palatine, Philippe d’Orléans, un aristocrate brillant, bon militaire, compositeur à ses heures mais qui aime plus que tout la fête en compagnie de l’Abbé Dubois son âme damnée.
Régent, le temps de la minorité de Louis XV, compte pléthore d’ennemis. C’est le cas de la duchesse du Maine, Louise-Bénédicte de Bourbon petite fille du Grand Condé, épouse de Louis Auguste, fils légitimé de Louis XIV. Ce dernier aurait dû être régent si Philippe d’Orléans n’avait pas sérieusement intrigué pour parvenir à ses fins.
Depuis son château de Sceau, cette femme au caractère peu commode n’a qu’un but : le renverser, quitte à s’allier avec Philippe V, roi d’Espagne, accessoirement petit-fils de Louis XIV qui convoite le trône de France vacant. Ne reculant devant rien, elle va faire appel à une constellation de diplomates, de cardinaux, de prêtres, de  devineresses, de  pythonisses et de seconds couteaux. 
Ce complot connu comme la constellation de Cellamare, du nom de l’ambassadeur de Philippe V échoua mais fournit à Camille Pascal la trame historique de son nouveau roman, l’Air était tout en feu. Il s’en donne à cœur joie avec des personnages hauts en couleur : La duchesse du Maine est la naine la plus spirituelle et la plus méchante de tout l’univers ; Philippe V est un crétin trop bien né et poudré ; Madame de Maintenon une vieille fée qui avait autrefois rôti le balai et jouait maintenant à la dévote. Tout le monde en prend pour son grade.
Vif, caustique, l’auteur, agrégé d’histoire avant d’être chargé des discours de Nicolas Sarkozy et de Jean Castex n’est jamais aussi à l’aise que dans les arrière-cours du pouvoir, passé ou contemporain. Comme dans ses romans précédents, L’Été des quatre rois et La Chambre des dupes, il excelle à rendre l’histoire (très romancée) aussi fascinante que cruelle.

Brigit Bontour

Camille Pascal, L’air était tout en feu, Robert Laffont, août 2022, 345 p.-,  20€

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