Les Assomptions horizontales de Musika

 

 

 

Tous les tableaux de Musika offrent des témoignages brutaux de la vie.  Elle y apparaît de manière aussi minimaliste que riche. Plus que de l’événement l’artiste est la peintre du lieu qu’elle recrée selon des mises en forme que seule une vision rapide pourrait estimer décorative et figurative. De fait chaque toile témoigne d’un rituel, d’une liturgie dégagée d’une émotivité larmoyante.  Musika offre une plongée dans un espace intime et mental. La peinture est donc inquiétante par la perplexité qu’elle provoque et que soulignent les formes de son expression.

Les lignes ouvrent sur un abîme et une perte. L’artiste restitue notre propre présent sans présent. La mémoire et l’actuel ont donc partie liée dans une peinture atemporelle de dépouillement. On sort de l’anecdote pour un autre inventaire, une autre vision. Plus forte, moins « cultivée » et plus proche d’un art inédit Musika fait glisser vers un réalisme excorié qui rejoint une sorte de mythe. Demeure un rêve quasi métaphysique. Il devient un abîme d’espérance et une espérance en abîme. Que faire alors sinon de se perdre en de telles visions où Musika témoigne contre le silence où elle est enfermée ?  Chaque tableau semble dire  « Je ne tombe pas de l’esprit, j’appartiens au règne des choses qui s’exhaussent. C’est bien la scission que je porte en moi ».  Une telle œuvre ne peut donc qu’attirer. On ne le désire pas, on l’exige. Que le sacrifice se transforme en assomption.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

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1 commentaire

anonymous

Ensevelie. Assomption. Point de vue. Point de vie. L'ère reste sauvage. Je remonte avec moi l'amie des dos argentés à qui je rends personnellement hommage. Musika.