Sur les rails... littéraires

Difficile à croire, mais après l’amour et la guerre vient le train dans l’histoire de la littérature. Les auteurs semblent fasciner par les voyages en train. Dans La modification de Michel Butor, le héros fait des allers-retours en Italie et phantasme sur son divorce – qui n’adviendra jamais.
Mais Anne Reverseau ne le cite pas, sans doute veut-elle aller au plus près du train. Des pages sur le train et non de situations dans le train…
Train express ou train d’enfer, trains & paysages ou trains du bonheur. Voire trains de la mémoire. Ainsi vous embarquez avec Léon-Paul Fargue et Blaise Cendrars, Paul Verlaine et Robert Desnos, Piet Paaltjens et Max Jacob…

Car il y a train et train. Le bondé à la sortie des bureaux. Le petit tchou-tchou du matin. Celui désert dans la nuit. Calme ou fureur ?
Train de luxe ou train de marchandises ?
Chronos sur les rails dans cette métaphore industrielle du temps après lequel nous ne cessons de courir…
Train pour fuir, mourir en silence, comme Roland Barthes ? Vers la fin de sa vie, à la gare de Milan, il se voyait partir pour Lecce. Fenêtre mobile. Bureau roulant comme dans Les mystères de l’Ouest, célèbre série TV où les agents du gouvernement voyageaient à bord d’un train spécial…

En faisant alterner textes anciens et réflexions récentes, témoignages, textes d’imagination et écritures expérimentales – portées par des gravures et des photographies – cet ouvrage surprend. On s’y vautre avec gourmandise. On s’y perd avec plaisir. On s’imagine ailleurs. On rêve de passer son temps dans les trains.
Quelle que soit la destination.
Pourvue qu’on ait l’ivresse…

 

Annabelle Hautecontre

 

Anne Reverseau, Sur les rails – De Victor Hugo à Jacques Roubaud, nombreuses illustrations en noir & blanc, couverture cartonnée à rabats, Les Impressions nouvelles, coll. « Traverses », août 2018, 128 p. –, 13 €

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