Georgina Tacou : fusains, fuseaux, fusées

       

Georgina Tacou, “Lady Color”, coll. “In Edwarda », Editions Derrière la salle de bains, Rouen.

 

L’écriture de Georgina Tacou tient un déchirement d’écume et du clapotis des vagues, elle jette aussi dans le brouhaha de fissures des êtres par le « point de vue » car l’auteure porte sur eux. On est loin des récits à la mode. A leur lumière défraîchie font place des ombres mouvantes, sulfureuses. L’exotique est rendu toxique dans une préhension particulière de la vie. A défaut d’un faune une main peut y caresser un téléphone portable pour attirer sur le premier les plus fâcheuses des épithètes. Et si Georgina Tacou affiche un libertinage elle charme surtout par la volière de ses mots. « Lady Color » devient ainsi la belle récalcitrante qui ne cherche pas à faire fléchir l’autre avant de partager sa nuit. Tel un chat elle y voit mieux que le jour.

 

Un tel texte est presque sans reproche ; il ne cherche pas à déchirer les âmes fussent-elles sans défense. Il parle d’un autre « plan » dans son allure souple. Entre un cœur rouge et un bleu l’héroïne n’a pas à choisir sans chercher pour autant à en voir de toutes les couleurs. Le texte devient une fable. Elle joue de bien des feintes et de divers parfums. Qu'elle soit rangée dans la collection «in  Edwarda » n’est pas un accident. Comme dans le texte de Bataille Georgina Tacou prouve combien une image peut être pieuse non par sa sainteté mais par le flot qu’elle génère. Elle attire avec tant de force que sa « robe » peut-être mis en pièce mais gare à sa maîtresse.

 

Jeran-Paul Gavard-Perret

 

            

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