Didier Maïsto dit toute la vérité sur les Gilets jaunes

L'enfant pauvre d'origine sicilienne est devenu le patron de Sud Radio. Mais ce n'est pas une raison pour oublier ses racines. Ni pour snober l'actualité quand celle-ci dérange. Au contraire de ses confrères qui portaient, tels des moutons de Panurge, les messages gouvernementaux et diabolisaient un mouvement citoyen, Didier Maïsto est allé sur le terrain constater de ses propres yeux ce qui se cachait réellement derrière ce mouvement social d'un nouveau genre. Et surtout d'une telle ampleur.

Un mouvement hétérogène qui rapprochait les contraires, paradoxe superbe de la société française que ce fils d'immigré défend dans son original concept : cette assimilation que les mouvements indigénistes refusent, cette intégration sur le modèle romain indispensable à la réussite : tu gardes tes racines mais tu rejoins le grand tout. Or, de nos jours, nous en sommes arrivés à une forme de désintégration : on prend des catégories de la population et on les oppose en vu d'un affrontement, ce Grand Soir dont rêve les élites de tous les extrêmes, ces fous furieux qui veulent embraser la société avec l'aval des patrons du CAC 40 afin que la classe dirigeante continue à ne rien faire, sauf tirer les marrons du feu... Nous subissons un capitalisme de connivence, on a perdu la maîtrise de nos grandes entreprises dirigées par des singes savants aidés d'IA, qui ne sont bons qu'à se soumettre aux désirs des actionnaires, ces fonds de pension ou fonds souverains qui pèsent des milliards de dollars. L'Etat n'est désormais plus qu'un stratège d'opérette !

La démocratie représentative ne fonctionnant plus, les députés n'étant que des godillots au service de Macron ou là pour défendre quelques intérêts particuliers ; il faut donc se débrouiller seuls, or ce n'est pas ce que l'on attend d'une classe politique. Et la presse, sous perfusion, n'est plus d'aucun secours, mis à part le Canard enchaîné. Ce qui eut pour effet de reporter la vox populi vers les réseaux sociaux et de voir l'anarchie régner sous l'impact de quelques groupes de censeurs qui font la pluie et le beau temps. Vous ne pouvez plus rien dire qui ne soit pas dans le sens commun, sinon les insultes pleuvent.

Comme le prévoyait Juan Branco, nous arrivons au crépuscule de notre possible, au chant du cygne de notre modèle social, et les Français avaient le sentiment de parler dans le vide... jusqu'à ce que les Gilets jaunes cristallisent ce mécontentement et disent tout haut ce que les gens pensent tout bas. Et la police a servi de bras armé du politique pour tenter de faire taire un mouvement pacifiste, une saine colère mais malgré les affrontements de plus en plus violents, tels le chœur des esclaves de Nabucco, le champ social dans son entier a pris conscience de sa force et a réalisé à quel point les élites l'ont trahi. Et la presse les méprise, on se souviendra toujours de ce commentaire de Roselyne Febvre, de France24, qui parlait d'une espèce d'écurie de branquignols : c'est facile, depuis son bureau d'Issy-les-Moulineaux, dans un fauteuil, sur-payée et regardant la Seine couler au son discret de l'air conditionné... Que sait-elle cette dame des difficultés de fin de mois des ouvriers ? RIEN !

Armé de son téléphone portable, tous les samedis, Didier Maïsto sillonnait la province et rendait compte sur son compte Facbook, et l'on avait un autre son de cloche que les images et les commentaires de BFMTV ou CNews qui parlaient de mouvement raciste ou antisémite (ce que Maïsto nie avoir constaté) ; ainsi la vérité sur le mouvement est-elle désormais accessible et archivée dans ce livre-choc qui vous donnera une autre entrée sur le phénomène Gilets jaunes qui risquent bien de reprendre des couleurs en septembre.


Rodolphe

Didier Maïsto, Passager clandestin, Au diable vauvert, mars 2020, 304 p.-, 20 €

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