Biographies d'écrivains de tous temps et de tous pays.

Ernesto Sábato : Biographie

Considéré comme l’un des plus grands écrivains de langue espagnole, l’artiste et penseur Argentin était avant tout un passionné des Sciences qui a trouvé dans l’écriture un exutoire à son angoisse et ses peurs. Ecrire pour ne pas mourir…


1911 : Naissance d’Ernesto Sábato à Rojas, province de Buenos Aires. Fils de Francesco Sábato et Giovanna Maria Ferrari, immigrants italiens. Issu d’une famille modeste à l’éducation sévère, il est le dixième enfant sur onze nés de leur union.


1924 : Diplômé du collège de Rojas, il part étudier au Lycée national de La Plata où il fit la connaissance du professeur Pedro Henríquez Ureña qu’il désignera plus tard comme sa principale source d’inspiration dans sa carrière littéraire.


1929 : Entrée à l’université de Sciences-Physiques et de Mathématiques de La Plata (Buenos Aires).


1933 : - Création du groupe Insurrexit d’aspiration communiste, aux côtés d’Héctor P. Agosti, Ángel Hurtado de Mendoza et Paulino González Alberdi, grâce à son militantisme pour la réforme universitaire. Il est également élu secrétaire de la Jeunesse Communiste.

          -Connaissance de Matilde Kusminsky Richter, une étudiante de 17 ans qui abandonnera le foyer familial pour venir vivre avec lui.


1934 : Premiers doutes sur le communisme et la dictature de Ióif Stalin. Suite à une décision du Parti il devait être envoyé pour deux ans à l’école Léniniste de Moscou d’où, selon ses termes, il ne serait jamais revenu vivant. Il devait auparavant passer par Bruxelles afin de participer à un Congrès contre le fascisme et la guerre en tant que délégué du Parti Communiste Argentin. Il profita de l’opportunité pour fuir vers Paris et vivre reclus dans l’appartement d’un ami dissident, l’amenant ainsi à commencer de rédiger son premier roman La fuente muda.


1936 : Mariage civil avec Matilde Kusminsky Richter à Buenos Aires.


1938 : -Docteur en physique à l’université de La Plata. Obtention d’une bourse pour travailler au laboratoire Curie à Paris dans le but de mener à bien des recherches sur les radiations atomiques.

        -Naissance de son premier enfant, Jorge Federico.

        -Découverte du mouvement surréaliste et nouvelles relations telles que Óscar Domínguez, Benjamín Péret, Roberto Matta Echaurren, Esteban Francés, qui influenceront son œuvre future.

 

1939 : Il est transféré à l’Institut Technologique du Massachusetts et quitte ainsi Paris avant l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale.

 

1940-1945 : -Retour à Buenos Aires où il décide d’abandonner définitivement la science car il la considère comme amorale et destinée à mener le monde au désastre. Il fait cependant honneur à la bourse qui lui avait été attribuée et exerce quelques années en tant que professeur à l’université de La Plata.

         -Ensuite il s’installe dans un ranch dans la province de Córdoba sans eau ni électricité afin de se consacrer entièrement à la littérature et à la peinture.

        -Naissance de son second enfant : Mario Sábato, qui deviendra un célèbre réalisateur de cinéma.

 


1941 : Premier travail littéraire : Un article sur l’Invention de Morel, d’Adolfo Bioy Casares, publié dans la revue Teseo de La Plata, ainsi qu’un article dans la revue Sur de Victoria Ocampo.

 

1942 : Contribution permanente à la revue Sur, pour laquelle il rédige entre autres des critiques d’ouvrages. Publications d’articles dans le journal La Nation et traduction de The Birth and Death of the Sun de George Gamow (écrivain ukrainien).

 

1943 : Publication de sa traduction de l’ABC de la relativité de Bertrand Russell.

 

1945 : Publication de son premier ouvrage Uno y el Universo, dans lequel il regroupe plusieurs articles philosophiques, critiquant le rôle déshumanisant de la science et de la technique. Peu à peu il adopte des postures libertaires et humanistes.

 

1947 : Il est nommé directeur de l’UNESCO, mais renonce au poste deux mois plus tard.

 

1948 : Refus des éditeurs argentins de publier son roman El túnel – roman psychologique du courant existentialiste. Néanmoins il sera publié dans la revue Sur puis largement apprécié par son lectorat. Albert Camus le fera traduire en français par Gallimard (il sera plus tard traduit vers plus d’une dizaine de langues).

 

1951 : Publication de son essai Hombres y engranajes. L’année suivante son premier roman El túnel est mis en scène par le réalisateur León Klimovsky.

 

1955 : Il est nommé directeur de la revue Mundo Argentino, poste auquel il renoncera un an après, pour avoir dénoncé les tortures qui étaient imposées aux ouvriers militants ainsi que les fusillades de 1956. Cette même année il présenta une lettre de soutien à Evita et ses partisans, El otro rostro del peronismo : Carta abierta a Mario Amadeo, sans pour autant déroger de son antipathie envers le président Juan Domingo Perón. Cette prise de position lui valut de nombreuses critiques de la part des littéraires argentins qui étaient alors en majorité opposés au gouvernement renversé.

 

1961: Publication de Sobre héroes y tumbas, considéré comme l’un des meilleurs romans argentins du XXème siècle. Récit intimiste sur la mort du général Juan Lavalle grâce à une trame historique parcourant les nombreuses ruptures qui eurent lieu au cours de l’histoire de l’Argentine, telles que les guerres civiles du XIXème siècle.

 

1971 : Publication de Claves políticas, recueil regroupant des entretiens avec le groupe El escarabajo de oro ainsi que des correspondances entre Sábato et Ernesto Che Guevara.

 

1974 : Publication de son troisième roman Abaddón el exterminador.

 

1978 : Il reçoit la Légion d’Honneur en Espagne et il sera distingué de la même façon l’année suivante en France.

 

1984 : Il est le deuxième argentin à recevoir le Prix Miguel de Cervantes, après Jorge Luis Borges en 1979.

 

1990 : Mariage chrétien avec Matilde Kusminsky Richter.

 

1995 : Mort de son fils Jorge Federico d’un accident de la route.

 

1997 : Il reçoit le 11ème Prix International Menéndez Pelayo.

 

1998 : Mort de son épouse et publication de ses mémoires Antes del fin.

 

2005-2011 : Fin de vie dans sa maison de Santos Lugares où il était assisté d’infirmières pour ses soins et de personnes lui faisant la lecture la journée, se trouvant dans l’incapacité physique de lire ou d’écrire. Il meurt 55 jours avant de fêter sa centième année.

 

Ernesto Sábato est l’auteur d’une œuvre riche et variée, mêlant à la fois romans, essais, articles, mémoires et interviews, dans laquelle Vie et Littérature sont étroitement liées et continuent de susciter bien des réflexions tant des critiques que des littéraires. Ses ouvrages sont le reflet de profondes réflexions humanistes et grâce auxquels l’esprit du lecteur peut se reposer sur les réponses qu’il apporte sur les grands thèmes de la Vie et de la Mort, de la Solitude ou de l’Espoir.

 

Elodie Blain

 

Constela, J. Medio siglo con Sábato. Entrevistas, J. Vergara, 2000.

Constela, J. Sábato, el hombre, una biografía, Barcelona, Seix Barral, 1997.

Aucun commentaire pour ce contenu.