Chez les Manet, demander Julie

Oui, Édouard ça suffit. On le connaît. On l’aime. On le célèbre à toute occasion. Il est le père de l’Impressionnisme. OK, alors regardons ailleurs. Car l’ailleurs est source de découvertes, de plaisirs, de délices. Au hasard, la fille de Berthe Morisot, et nièce du grand Édouard. Qui sauta sur les genoux puis posa pour Renoir, Degas, Monet, Pissarro… avant d’épouser Ernst Rouart (on comprend alors pourquoi l’écrivain-académicien Jean-Marie Rouart est toujours entouré des plus beaux tableaux dès lors que l’on pénètre son intimité).

Pour une fois qu’un grand musée (au Marmottan Monet, jusqu’au 20 mars) ose nous offrir autre chose que Picasso et Cie, on enfile son masque (beurk ! – quel cauchemar cette visite en étouffant) et/ou se plonge dans ce merveilleux catalogue.

Le couple Rouart-Manet n’aura de cesse d’organiser des expositions. Dans un premier temps pour faire connaître l’œuvre de Berthe Morisot, trop tôt disparue, puis la drogue dure de la collection s’imposant, les tableaux fleurirent aux murs de plus en plus… Ceux de son époux – et les siens – côtoient les grands maîtres (Gauguin, Degas, Corot).
Entre les photographies, les documents et les œuvres peintes, le parcours de cette très belle exposition offre une plongée au cœur de huit décennies d’une vie extraordinaire. Ainsi ce catalogue en point d’orgue de l’événement qui est aussi la première monographie sur Julie Manet, donc seul son Journal (1893-1899) est à ce jour publié.
Incontournable.

Annabelle Hautecontre

Marianne Mathieu (sous la direction de), Julie Manet – La mémoire impressionniste, 250 illustrations, 220 x 285, Hazan, octobre 2021, 324 p.-, 45 €

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