Une relecture vivifiante de "La mégère apprivoisée"

Le spectacle commence dans le noir ; une silhouette en émerge lentement, en front de scène, qui clame se prétention à combattre, à régner, en dépit de sa féminité. Sitôt que le rideau s’ouvre, on est placé dans une atmosphère à la fois festive et feutrée. Ce pourrait être un bar de nuit, un club où vont se traiter des affaires qui sont à l’interstice du privé et du public. L’argument de la pièce est connu : il s’agit de dompter le caractère irrespectueux, vindicatif atrabilaire d’une jeune fille. Ses imprécations ses proférations ses vociférations la rendent insupportable et lui ont assuré la réputation d’être impossible à marier. Mélanie Leray, à partir d’une nouvelle traduction, entreprend de présenter cette comédie sous un nouveau jour : celui d’un duel entre deux volontés, celui de l’affirmation d’une femme à travers son mariage.

Il s’agit d’une gageure : faire entendre une joute verbale, donner une consistance humoristique à chacun des personnages, enfin montrer une femme épanouie dans la soumission. Il n’est pas sûr que chacun des aspects du pari soit gagné. Mais le propos est novateur, la scène est parfaitement ambiancée, le comique emprunte au registre burlesque, l’ensemble constituant un spectacle aux multiples entrées, à plusieurs dimensions. Des intermèdes musicaux rythment bien le propos : la chanteuse Ludmilla Dabo irradie de sa présence la pièce, par quelques répliques ponctuelles et de sa voix profonde. La vidéo est utilisée pour projeter des images géantes en fond de scène, mettant en perspective un personnage sous un autre angle. Un dispositif intéressant, dans lequel finit par s’affirmer magistralement Laetitia Dosch. Incontestablement une interprétation audacieuse, qui mérite attention et procure un plaisir interloqué.

 

Christophe Giolito

 

La mégère apprivoisée de William Shakespeare, mise en scène Mélanie Leray

 

Avec Peter Bonke, Ludmilla Dabo, Laetitia Dosch, David Jeanne-Comello, Clara Ponsot, Yuval Rozman, Jean-Benoît Ugeux, Vincent Winterhalter, Jean-François Wolff.

 

Traduction Delphine Lemonnier-Texier (éditions de l’Arche)

Dramaturgie Delphine Lemonnier-Texier

Scénographie David Bersanetti

Lumières Christian Dubet

Vidéo Cyrille Leclercq, David Bersanetti

Au théâtre de la ville

2, place du Châtelet Paris

Du 4 au 20 mars 2015

Du mardi au samedi à 20h30 le dimanche à 15h

http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-lamegereapprivoiseemelanieleray-743

Location 01.42.74.22.77

 

Son Jérôme Leray Costumes Laure Mahéo

Réalisation costumes Isabelle Beaudoin

Coiffures Chantal Gabiache

Assistants à la mise en scène

Vincent Voisin, Magalie Caillet-Gajan, Vanessa Le Reste

Distribution avec l’aide de Leila Fournier, Sarah Teper

Accessoires Anthony Gouraud, Anne Leray

Régie générale Tugdual Tremel ;

Régie lumières Yannick Le Goïc, Gwendal Malard ;

Régie son Jérôme Leray ;

Régie vidéo Cyrille Leclercq ;

Régie plateau Nicolas Marchand ;

Habillage Marion Régnier

Construction décor Atelier de la Maison de la culture de Bourges/scène nationale

Confection costumes Atelier du TNB/Rennes Avec le soutien de toute l'équipe du TNB


Production déléguée Théâtre National de Bretagne, Rennes.

Coproduction Association 2052 - Théâtre de la Ville-Paris - MC2: Grenoble - Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, scène nationale - Maison de la culture de Bourges, scène nationale - Maison de la culture d'Amiens.


La compagnie Association 2052 est soutenue par la région Bretagne, la DRAC Bretagne, la ville de Rennes et le Conseil général d'Ille-et-Vilaine.


La compagnie l'Association 2052 remercie Ace (Ea 1796) université Rennes 2, Damien Lucas, Nicolas Combes, Christophe Piederrière, Judith Ribardière, Bernadette Lesachet, Claire-Ingrid Cottanceau, Nathalie Besançon, Rémy Gille, Artemio Benki,

Lorraine Kerlo-Auregan, Odile Massait.

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