Jamais sans mon "Guide Hazan de l’art contemporain"

À l’heure de la Fiac (19-22 octobre 2017) où vous n'en croirez pas vos yeux un compagnon de voyage s'impose. Car déambuler au cœur de cette grande messe du (presque) n’importe quoi exposé sous couvert du label sacré Art contemporain n'est pas chose facile. Comment si retrouver avec cette arme de destruction massive du beau, cet AC qui ne semble plus être totalement en odeur de sainteté puisque même le Festival de Cannes a osé briser le tabou et décerner la palme d’or à The Square, un film pour le moins critique (Si on place un objet dans un musée, dit le héros du film, par exemple, si on prenait votre sac et qu’on le plaçait là, serait-ce de l’art ? Grimace entendue de la journaliste qui l’interroge).

L’essayiste Aude de Kerros, toujours très critique à propos de l’art contemporain – à juste titre –  s'est laissée séduire par le film de Ruben Östlund car, selon elle, il démonte les mécanismes de communication de ce milieu qui n’est pas sans en rappeler un autre qui blanchi tout aussi bien l’argent… Le sujet du film est l’éternel dilemme entre utopie et réalité, pense-t-elle. Mais l’utopie n’est pas censée détruire la beauté mais porter vers plus de spiritualité ; or l’AC en est totalement dépourvu.

Nonobstant si vous avez du temps à perdre – et de l’argent aussi, car au-delà du  prix prohibitif des œuvres dans ce marché de dupes, l’entrée à la Fiac est à 37 euros (sic) ce qui fait très cher le temps perdu – vous devez vous munir, au préalable, du guide de Roxana Azimi histoire de vous y retrouver dans cet inventaire à la Prévert.
Et oui, s’il y a bien un carré de résistants sous la verrière, emmené par la galerie Le Minotaure qui expose l’art moderne dans ses plus beaux atours (Mezinger, Herbin, Beothy, Léger, etc.), il y a surtout pléthore de candidats artistes. Azimi en a sélectionné une centaine présentés parmi les cinquante plus grandes galeries à travers dix villes (Paris, New York, Berlin, Dubaï, Sao Paulo, Hong Kong, Cape Town, Madrid, Bruxelles).



Nonobstant, tout n’est pas à jeter, loin s’en faut, l’art contemporain est double, finalement : il y a l’AC si décrié, cette mare aux canards (boiteux) et il y a les artistes contemporains qui sont réellement et authentiquement des artistes et qui ne jouent pas sur les concepts et autres arguties sémantiques pour vendre leur camelote.
Roxana Azimi a donc eu le bon goût – et dieu sait que parfois on se laisse prendre par le tourbillon des influences – de faire figurer dans son guide ces créateurs farfelus ou habités, ces femmes et ces hommes dont l’approche et le travail portent en eux un réel apport au monde de l’art – et non une supercherie liée à la finance crapuleuse et spéculatrice.


Hélène Delprat, Michel Blazy, Gérard Fromanger, Anita Molinero, Otobong Nkanga, Judit Reigl, Roland Topor et Jacques Villeglé sont de loin les plus forts ; auxquels on ajoutera Christian Jaccard (qui expose en ce moment chez Dutko avec ses amis de Supports/Surfaces, Pincemin, Viallat et Arnal) ou encore Vladimir Velickovic.

L’inventaire proposé par Roxana Azimi est assorti d’une cartographie des grandes villes avec les galeries qui comptent, puis se clôt par la liste des principales foires avec un oubli de taille : Art Cologne !  Créé en 1967, cette foire est au marché de l'art ce que 1964 (année ou Robert Rauschenberg a été primé à la Biennale de Venise) est au monde de l'art, elle a été annonciateur des bouleversements profonds qui allaient se produire dans le système marchand avec la multiplication des foires.

Ainsi vous aurez un regard complet pour, si d’aventure votre budget le permet, oser franchir le pas en toute connaissance de cause.
Mais surtout, oui surtout ! n’achetez que le coup de cœur, vous n’êtes pas dans une salle de marché. La côte n’a rien à faire avec votre ressenti…
Offrez-vous du bonheur non une éventuelle plus-value.

 

François Xavier

 

Roxana Azimi, Le guide Hazan de l’art contemporain, 250 illustrations couleur, 135 x 200, Hazan, octobre 2017, 336 p.- 25 euros

 

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