Luo Yang : « Girls »

 

Luo Yang ne cherche pas a priori une beauté marmoréenne : il témoigne de l’état des femmes dans son pays : la Chine. Il permet de découvrir un aspect underground d’un territoire empesé sous la camisole idéologique. Néanmoins une certaine dissidence féministe pointe son nez. Des femmes osent leur lesbianisme, d’autres leurs dessous ou leur nudité pas goût d’une provocation mais sans grand souci de l’ostentation. C’est juste une manière de revendiquer leur droit à être et leur existence.

Luo Yang refuse toute sophistication esthétisante. Les clichés souvent annulent souvent l’effet civilisateur du vêtement pour provoquer un questionnement sur la sexualité jamais vraiment apprivoisée en dépit des lois. Le photographe cherche l’image d’une autre femme et porte son regard sur le statut non moins ambigu de la féminité dans une société avide de cloisonnements et de pérennité.

De telles photographies sont des romans, des nouvelles d'un front tacite; un cinéma (presque) muet. Mais les images parlent. Il faut réapprendre à ouvrir les yeux, et pour les femmes chinoises à cesser de se cacher, ne pas se contenter de jouir dans l'inconfort, la rareté ou la solitude mais dans la traversée voire prendre des allers sans retour. Car l'œuvre n'est pas coupée du monde Les femmes chinoises rêvent d'y vivre comme le reste d’une peuplade perdue dans le temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

Luo Yang, « Girls », MO-INDUSTRIES in Berlin

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